Bretagne: Vers une nouvelle affaire de lait contaminé?

AGRICULTURE Un éleveur des Côtes-d’Armor a porté plainte contre la coopérative Triskalia...

J.G.

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Illustration d'une vache laitière.
Illustration d'une vache laitière. — MATHIEU PATTIER/SIPA
  • Un éleveur des Côtes-d’Armor a déposé plainte contre la coopérative Triskalia.
  • Il leur reproche d’avoir contaminé ses vaches laitières avec des antibiotiques pour lapins.
  • Reconnaissant un dysfonctionnement lors de la livraison, Triskalia se défend et assure que le lait n’a pas été contaminé.

Après le scandale du lait contaminé chez Lactalis, une nouvelle affaire fait surface. Les faits se déroulent cette fois en Bretagne, et plus précisément à Moustéru près de Guingamp dans les Côtes-d’Armor. Selon Mediapart qui révèle l’affaire, un éleveur a déposé plainte le 3 août auprès du parquet de Saint-Brieuc pour « mise en danger de la vie d’autrui », « atteinte volontaire à la vie ou à l’intégrité d’un animal » ou encore « tromperie caractérisée ».

Il reproche à la coopérative Triskalia d’avoir contaminé son cheptel de bovins avec des antibiotiques pour lapins. L’affaire remonte au 21 mars. Ce jour-là, l’éleveur s’était fait livrer 2,4 tonnes d’aliments pour ses vaches laitières. L’agriculteur avait toutefois été surpris par la couleur de certains granulés.

Des antibiotiques dans l’alimentation des vaches

« Les analyses sur l’aliment livré chez le producteur ont révélé la présence de trois antibiotiques », a indiqué dans un communiqué Triskalia, reconnaissant son erreur. « Il semble y avoir eu un dysfonctionnement lors de la livraison d’aliment chez l’éleveur, au niveau du camion, entraînant un mélange d’aliments pour lapins, supplémenté en antibiotiques, avec l’aliment pour vaches laitières », précise la coopérative.

Dans la foulée, Triskalia assure que l’ensemble de la livraison restante dans le silo de l’éleveur a été repris, que la collecte de lait a été suspendue immédiatement et que des analyses ont été réalisées. « Les résultats d’analyse sur le lait ont conclu à une absence d’antibiotiques et la collecte du lait a pu reprendre le vendredi 30 mars », souligne Triskalia.

Des résultats d’analyses contradictoires

Un peu surpris, l’éleveur a de son côté mené son enquête et demandé une autre analyse à un laboratoire. Les résultats auraient alors révélé la présence de six antibiotiques, dont deux non autorisés chez les ruminants et les animaux produisant du lait destiné à la consommation humaine.

De quoi faire enrager le collectif de soutien aux victimes de Triskalia. « Outre les conséquences sanitaires sur le troupeau, le lait collecté dans cette ferme a pu contaminer la production de lait infantile, sans que la coopérative n’avertisse les autorités sanitaires et ne prenne de mesures de précaution pour la chaîne alimentaire », dénonce le collectif.

« Nous avons pris toutes les mesures pour éviter tout risque pour le consommateur », se défend Triskalia, précisant être « en attente des conclusions des experts mandatés par les assurances ».