Rentrée scolaire: Comment Jean-Michel Blanquer justifie l'intérêt des évaluations nationales?

EDUCATION Lors de sa conférence de presse de rentrée ce mercredi, le ministre de l'Education a détaillé la nature et la philosophie de ces tests...

Delphine Bancaud

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Un élève qui lit un livre en classe
Un élève qui lit un livre en classe — Pixabay/Stocksnap
  • A cette rentrée, de nouveaux tests voient le jour : en milieu de CP, à l’entrée en CE1 et en seconde.
  • Le ministre estime que leurs résultats seront des points de repère pour les enseignants afin d’identifier les difficultés des élèves.
  • Il a même laissé la porte ouverte à la création d’évaluations dans d’autres classes dans les années à venir.

Si les évaluations nationales des élèves ne convainquent pas les enseignants, le ministre de l’Education y croit dur comme fer. Lors de sa conférence de presse de rentrée ce mercredi, Jean-Michel Blanquer a insisté sur leur intérêt. D’ailleurs, selon lui, ces évaluations à la française « sont regardées internationalement », a-t-il martelé.

Le ministre y croit même tellement que ces tests seront renforcés cette année : les élèves de CP en passeront deux (septembre et février), les CE1 en septembre, les sixièmes en octobre, et les lycéens de seconde auront, eux, un « test de positionnement » peu après la rentrée.

Les résultats des premières évaluations en 6e dévoilés

Se voulant rassurant, le ministre a indiqué que ces évaluations n’avaient « pas vocation à être anxiogènes » en rappelant que leur finalité était de permettre aux enseignants d’avoir une photographie des acquis de leur classe « pour adapter leur pédagogie aux plus proches des élèves ». Il les a même présentées comme un outil de « justice sociale, de lutte contre les inégalités et d’élévation du niveau général ».

Pour répondre au scepticisme des enseignants sur le sujet, le ministre a dévoilé les résultats des évaluations qui ont été effectuées l’an dernier auprès des élèves entrant en 6e : « Elles ont montré que 27 % des élèves ont une maîtrise insuffisante en maths, 15 % en français ». Et que ces difficultés sont plus importantes pour les élèves de l’éducation prioritaire. De quoi permettre selon lui, aux enseignants d’encore mieux cibler leurs priorités pédagogiques.

« Cela peut être ouvert à d’autres classes »

On en sait aussi un peu plus sur le contenu des évaluations qui seront proposées cette année pour la première fois en classe de CE1. En français, elles porteront sur la capacité à décoder rapidement des mots, à lire à haute voix avec fluidité, à comprendre un texte simple et à orthographier les mots les plus fréquents. En maths, les tests porteront sur l’utilisation des nombres entiers supérieurs à dix et sur les premières notions de géométrie.

Autre annonce : Jean-Michel Blanquer a indiqué qu’elles pourraient encore être étendues. « Cela peut être ouvert à d’autres classes », a-t-il souligné.

Enfin, il a indiqué que les résultats des évaluations passées par les élèves à la rentrée seraient transmis aux enseignants et aux parents d’élèves une semaine après les tests. Mais il reste désormais au ministre à remporter l’adhésion des enseignants sur ce sujet. Car ce mercredi, Stéphane Crochet, secrétaire général du Se-Unsa a encore fustigé ces tests : « nous nous interrogeons sur leur qualité, leur efficacité, leur but… Avec l’énorme risque du formatage pour réussir les exercices », a-t-il alerté.

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