Déménagement, redoublement... Comment soutenir son enfant lors d'une rentrée compliquée?

EDUCATION La peur de la nouveauté et le manque de confiance en soi peuvent rendre la rentrée de certains élèves difficile...

Delphine Bancaud

— 

NANTES, le 02/09/2010 Rentree scolaire au groupe scolaire des batignoles
NANTES, le 02/09/2010 Rentree scolaire au groupe scolaire des batignoles — © Fabrice ELSNER
  • Même si le passage dans une classe stratégique est toujours stressant, les parents peuvent aider leur enfant à appréhender cette nouvelle étape de manière positive.
  • Idem pour le redoublement, où le rôle des parents est stratégique pour mettre toutes les chances de réussite du côté de l’enfant.
  • Le soutien des parents ne doit pas se limiter aux premiers jours d’école, mais perdurer tout au long de l’année.

Parmi les 12 millions d’élèves qui reprendront le chemin de l’école ce lundi, certains auront un nœud au ventre. Parce qu’ils passent dans une classe charnière (en CP, en 6e ou en seconde) ou qu’ils redoublent. Ou bien encore parce qu’ils viennent de déménager et vont devoir faire leur trou dans une nouvelle école. Dans ces situations, le rôle des parents est crucial pour aider leur enfant à aborder ce retour à l’école le plus sereinement possible. 20 Minutes a glané quelques conseils auprès d’experts…

Votre enfant entre en CP, en 6e ou en seconde

Le passage de la maternelle à l’école primaire, suscite une certaine appréhension dans les familles. Idem pour l’entrée au collège et au lycée. « Mais ce sont parfois les parents qui projettent leurs propres souvenirs de rentrée auprès de leur enfant. Pour éviter cet écueil, il faut l’interroger sur la manière dont il imagine sa rentrée, quitte à rectifier ses croyances si elles sont erronées », conseille Virginie Bapt, psychothérapeute et coach*. « Il est nécessaire de montrer à son enfant que ce passage dans une classe charnière est une occasion de découvrir un nouveau monde, de progresser », complète Daniel Bailly, pédopsychiatre et professeur de psychiatrie à l’Université d’Aix-Marseille**.

Le jour J, le rituel est d’accompagner l’enfant à son établissement jusqu’à ce qu’il passe en  6e. « Mais si votre enfant passe en seconde, il faut aussi dégager du temps le jour de la rentrée pour rester à son écoute », recommande Virginie Bapt. Ce passage dans une classe charnière étant assez stressant pour l’enfant, inutile de surcharger son agenda, recommande la psychothérapeute : « Il ne faut pas ajouter de la pression en multipliant les projets ou en inscrivant l’enfant à de multiples activités périscolaires ». Les semaines suivant la rentrée, les parents peuvent aussi jouer le rôle d’accompagnateur : « en apprenant à leur enfant de 6e à organiser ses révisions, à celui de seconde à prendre des notes efficaces », indique Bernadette Dullin, coach scolaire***.

Votre enfant redouble cette année

Il va perdre ses camarades de classe et peut commencer l’année avec une image de lui en tant qu’élève un peu négative. « Ce redoublement peut être vécu comme une punition ou une défaite au lieu d’être perçu comme une opportunité de rebondir », constate Bernadette Dullin. « Le rôle des parents est de décoller cette étiquette négative et de présenter à son enfant cette année de redoublement comme un nouveau départ », estime Virginie Bapt. Il est aussi important d’établir avec l’enfant un projet de rentrée pour le motiver : « Il est utile de l’interroger sur le dispositif à mettre en place au début de l’année pour l’aider scolairement : cours particuliers à prévoir, organisation des devoirs… », poursuit-elle. « Prendre rendez-vous avec le professeur d’école ou le professeur principal en début d’année peut aussi permettre de déterminer les soutiens à mettre en place pour cette année de redémarrage : recours à un psychologue, à un orthophoniste… », indique Daniel Bailly. L’accompagnement de l’enfant devra aussi se poursuivre pendant l’année : « Il faut rester à l’écoute pour saisir au vol les rares moments où l’enfant aura envie de parler de ce qu’il vit à l’école », indique Virginie Bapt

Votre enfant fait sa rentrée dans un nouvel établissement

Conséquence d’un déménagement : l’enfant doit découvrir un nouvel établissement et de nouveaux camarades. « Le changement d’école est stressant pour un enfant, car il perd ses repères. Et cela va mobiliser ses capacités d’adaptation et cela peut entraîner des difficultés émotionnelles », constate Daniel Bailly. Mais les parents peuvent aider l’enfant à aborder cette étape sereinement. « Tout d’abord, ils ne doivent pas communiquer leur inquiétude à leur enfant car il risque de vivre ce changement de manière anxiogène », estime Daniel Bailly. La plupart du temps, l’élève a déjà visité l’établissement : « Ce qui permet de l’interroger sur ce qui lui a plu, afin qu’il anticipe de manière positive cette rentrée », complète Virginie Bapt. « Il faut le rassurer en lui rappelant qu’il ne sera pas le seul nouveau dans l’établissement et que ce statut peut même le rendre attractif aux yeux de certains élèves. On peut aussi lui conseiller d’aller à la rencontre d’autres élèves seuls dans la cour », ajoute Bernadette Dullin. « Si l’enfant est à l’ école primaire, il n’est pas inutile aussi de redire à l’équipe pédagogique le jour de la rentrée que son enfant est nouveau dans l’établissement afin qu’il lui porte une attention particulière », conseille Daniel Bailly. Mais il faut aussi rester vigilant les premières semaines après la rentrée. « Si l’enfant semble mal à l’aise, il ne faut pas hésiter à prendre rendez-vous avec l’enseignant (s’il est en primaire) ou le professeur principal (dans le secondaire) afin qu’il renforce sa vigilance à l’égard de l’enfant », recommande Virginie Bapt.

 

*Virginie Bapt est auteure de Parents à l’écoute pour des enfants épanouis, Leduc Editions, 2018, 16 euros.

** Daniel Bailly est l’auteur de Vivre l’école autrement, c’est possible, Edilivre, 2017, 11 euros

*** Bernadette Dullin, l’auteure de Au secours, mon enfant a des devoirs, Hugo, 2018, 14,50 euros.