VIDEO. Après plusieurs siècles d’abstinence, la Bretagne veut relancer sa production de vin

BONNE NOUVELLE Près de Saint-Malo, un projet de réhabilitation d’un vignoble est engagé…

Jérôme Gicquel

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Les pieds de vigne seront plantés sur les bords de la Rance à Saint-Jouan-des-Guérets.
Les pieds de vigne seront plantés sur les bords de la Rance à Saint-Jouan-des-Guérets. — La cabane aux longues vignes
  • Des pieds de vigne vont bientôt être plantés sur les bords de la Rance en Ille-et-Vilaine.
  • Edouard Cazals, un jeune vigneron, envisage d’y produire un vin blanc ou rosé pétillant.
  • La première cuvée est attendue pour 2021.

Même si elle compte beaucoup d’amateurs de vin, la Bretagne (administrative) n’est pas une région viticole. Elle l’a pourtant été jusqu’au XVIIe siècle avant que Colbert ne décide de remplacer les vignes par des pommiers et qu’une maladie ne décime les dernières vignes. La situation est en train de changer et la Bretagne replonge peu à peu dans son passé viticole.

Il y a deux mois, 20 Minutes avait ainsi pu déguster la première cuvée de vin rouge breton depuis des lustres. L’événement se déroulait sur les hauteurs de Saint-Suliac (Ille-et-Vilaine), un charmant village surplombant la Rance.

A quelques kilomètres de là, à Saint-Jouan-des-Guérets, un projet de vignoble, baptisé La cabane aux longues vignes, est également dans les cartons. On le doit à un jeune vigneron normand, Edouard Cazals, qui a appris le métier dans de prestigieux domaines à Saint-Emilion, en Corse, en Italie et en Nouvelle-Zélande. « C’est une démarche historique et culturelle », avoue le jeune homme.

Des conditions idéales pour planter des pieds de vigne

Pour se lancer, Edouard Cazals a profité d’un assouplissement de la réglementation en 2016 qui lui a permis d’obtenir les droits de plantation sur une parcelle de deux hectares louée à un particulier. Un endroit idéal selon lui pour faire pousser des vignes. « En Bretagne, la terre est souvent trop riche. Alors qu’ici sur la côte, on est sur une terre pauvre et rocailleuse. C’est parfait pour la vigne qui aime bien galérer pour produire du raisin de qualité », assure le vigneron.

Et question météo, la Bretagne n’a pas non plus à rougir. « On bénéficie ici d’un bel ensoleillement, supérieur à la Champagne, et d’une pluviométrie inférieure à la région de Bordeaux. On n’a pas non plus de gelées printanières, ce qui permet de se lancer sur des cépages précoces », explique le jeune homme. La hausse des températures à prévoir dans les prochaines années devrait également rendre le climat breton plus favorable à la vigne.

Du vin blanc ou rosé pétillant

Si le sol et les conditions météo jouent pour beaucoup, le choix du cépage est également crucial pour faire un bon vin. Celui d’Edouard s’est porté sur le Pinot Noir, le Chardonnay et le Grolleau, « un cépage très rustique originaire de Touraine qui était un peu tombé dans l’oubli. » Les 9.000 pieds de vigne déjà commandés, le jeune homme devrait commencer à les planter au printemps. Il faudra ensuite attendre trois ans avant les vendanges, avec une dégustation prévue courant 2022. « Je pars sur un vin blanc et rosé pétillant certifié bio au début », indique le vigneron, qui envisage de produire « 10.000 bouteilles à l’année ».

Pour l’aider dans son projet, le jeune homme a lancé une campagne de financement participatif en début de semaine sur la plateforme bretonne Kengo. Comptant déjà sur le soutien de la région Bretagne, il espère récolter 13.000 euros le 23 octobre.