Alpes-Maritimes: Un élu écologiste dénonce l’abaissement de la limitation de vitesse sur l’A8

POLLUTION DE L'AIR Patrice Miran, adjoint à la mairie de Vence, estime que la limitation de vitesse ne va pas réduire la pollution atmosphérique, bien au contraire…

Alexandra Segond

— 

L'autoroute A8.
L'autoroute A8. — ANGOT/SIPA
  • Dès le 1er octobre prochain, une portion de l’autoroute A8, entre Antibes et Nice-Saint-Isodore plus exactement, verra sa vitesse limitée à 90 km/h contre 110 km/h.
  • Patrice Miran, adjoint à la mairie de Vence et porte-parole régional de l’Alliance écologiste indépendante, s’est fermement opposé à cette décision de la préfecture des Alpes-Maritimes.
  • Selon lui, baisser la limitation de vitesse risque de congestionner la circulation autoroutière plutôt que de la diminuer. Il pointe également d’autres sources de pollution atmosphérique et recommande le covoiturage.

« Cela va accentuer le problème plutôt que le régler », indique Patrice Miran, porte-parole régional de l’Alliance écologiste indépendante et premier adjoint à la mairie de Vence (Alpes-Maritimes), une commune située à une vingtaine de kilomètres de Nice. Dans sa ligne de mire : le passage de la limitation de vitesse de 110 à 90 km/h sur l’autoroute A8, entre Antibes et Nice-Saint-Isodore, dès le 1er octobre.

Près de 62.650 véhicules en circulation en 2016

La préfecture des Alpes-Maritimes, à l’origine de la décision, a en effet décidé de s’attaquer à la pollution atmosphérique, dont le trafic automobile est l’une des causes dans le département. Il s’agirait donc de limiter la vitesse pour limiter la pollution ? « Pas du tout, on est à côté de la plaque », estime Patrice Miran. Pour lui, plus que le trafic routier, la pollution de l’air s’expliquerait d’abord par le brûlage des déchets végétaux, une pratique encore d’actualité malgré son interdiction par des directives européennes et des arrêtés municipaux.

Deuxième problème : la congestion du trafic entraînée par la réduction des limitations de vitesse, notamment aux entrées et sorties de l’A8. « Plus que la vitesse, c’est la quantité excessive des véhicules en circulation qui pose problème. Les études montrent qu’en 2016, près de 62.650 véhicules circulaient chaque jour entre Aix-en-Provence et l’Italie », rappelle Patrice Miran. « Pour être efficace, il est essentiel de mettre en place en parallèle des mesures de restriction de circulation, comme cela a été fait sur le périphérique parisien en 2016. »

Le covoiturage, une solution efficace ?

La solution résiderait-elle donc dans les transports en commun ? Pas sûr pour le porte-parole régional de l’Alliance écologiste indépendante, qui déplore également leur faible part dans le réseau routier et leur basse utilisation par les usagers. De même, ouvrir des lignes coûte cher. « Dans notre région, à Vence par exemple, certains endroits ne sont pas adaptés au passage des gros véhicules », rajoute Patrice Miran. Mais l’élu n’a pas dit son dernier mot et s’enthousiasme quand il cite le concept du covoiturage. « C’est un système peu développé encore dans la région, et c’est vraiment dommage ! Il faudrait accompagner l’usager et l’encourager dans ces pratiques de partage ».

Patrice Miran souhaiterait par exemple que le péage propose un tarif réduit pour les automobilistes en covoiturage. En effet, si la vitesse s’abaisse prochainement à 90 km/h, le prix, lui, reste à 2,10 euros. « Je ne suis vraiment pas favorable à cette nouvelle limitation de vitesse », conclut l’élu, « J’ai peur que ça soit contre-productif, en congestionnant la circulation et en décourageant les automobilistes plus qu’en réduisant la pollution. »