Bretagne: Que devient le couple d’aventuriers installé depuis six mois sur l’île de Quéménès ?

SEULS AU MONDE Amélie et Etienne, les nouveaux locataires, ont signé un bail de neuf ans avec le Conservatoire du littoral, propriétaire des lieux...

Jérôme Gicquel

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Sur l'île, le couple produit des pommes de terre, de l'ail, des oignons et des échalotes.
Sur l'île, le couple produit des pommes de terre, de l'ail, des oignons et des échalotes. — Ferme de Quéménès
  • Un couple de trentenaires s’est installé depuis six mois sur l’île déserte de Quéménès au large du Finistère.
  • Ils ont pour mission sur place d’entretenir l’île tout en y maintenant une activité agricole.
  • Malgré un environnement hostile, le couple s’est parfaitement acclimaté à son nouveau lieu de vie.

Sur l’île de Quéménès au large du Finistère, l’heure de la récolte des pommes de terre a sonné. Un moment important pour Amélie Goossens et Etienne Menguy, les nouveaux locataires de ce bout de terre de 26 hectares situé au cœur de l’archipel de Molène. Voilà six mois déjà que ce couple de trentenaires a quitté le continent pour rejoindre Quéménès. « On n’avait pas seulement envie d’un changement de vie professionnelle mais d’un changement de vie tout court », indique Amélie.

C’est le Conservatoire du littoral, propriétaire des lieux, qui a retenu leur candidature l’an dernier et leur a accordé une autorisation d’occupation temporaire des lieux pour une durée de neuf ans. Objectif : entretenir l’île et ses paysages tout en y maintenant une activité agricole. Avant eux, un autre couple avait déjà joué les Robinson pendant une dizaine d’années sur cette île bretonne. « Je n’aime pas trop ce terme de Robinson. Car on ne subit pas la situation, c’est nous qui l’avons choisie », corrige la jeune femme.

Une exploitation agricole à gérer

Avant de s’installer définitivement sur Quéménès courant mai, le couple a d’abord dû « solder » sa vie d’avant et abandonner les emplois en CDI et la maison qu’ils occupaient dans les Côtes-d’Armor. « Cela tombait bien car notre rythme ne nous convenait plus. Nous recherchions un moyen de nous déconnecter », souligne Amélie. Il a également fallu monter une entreprise agricole, certifiée bio, pour pouvoir assurer la mission sur l’île et se dégager une rémunération. « On n’avait jamais travaillé dans les champs mais on a appris le métier. Et on continue de l’apprendre tous les jours », avoue la jeune femme, émerveillée par sa nouvelle vie.

« Je pensais qu’il nous faudrait un peu plus de temps d’adaptation. Mais cela s’est fait très vite. C’est un pur bonheur de travailler dans ce cadre magique et exceptionnel », assure-t-elle, consciente aussi que le paradis a un prix. « C’est très intense et il faut être moralement fort pour affronter tout cela car l’environnement peut parfois être hostile. Le fait d’être deux et complémentaire nous permet d’affronter ces moments difficiles ».

Des visiteurs accueillis en chambre d’hôte

Loin de la civilisation, le couple n’est toutefois pas complètement seul sur son île. Treize poules et une vingtaine de moutons occupent également ce caillou, long de 1,3 kilomètre. Aux beaux jours, l’île de Quéménès reçoit également de nouveaux visiteurs accueillis pour des séjours de trois jours et deux nuits en chambre d’hôte.

« On partage le déjeuner et le dîner avec eux. Après ils sont libres sur l’île. Certains en profitent pour se ressourcer et se déconnecter car le lieu est propice. D’autres nous donnent un coup de main dans les tâches agricoles », indique la nouvelle gérante des lieux. Pour ceux qui souhaitent d’ailleurs s’évader le temps d’un week-end sur Quéménès, les réservations pour 2019 vont bientôt ouvrir.

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