VIDEO. Paris: «Les deux melons sont vendus 3,50 euros»... Les Parisiens découvrent le vrai prix des fruits et légumes

AGRICULTURE Ce mercredi matin, des ventes de fruits et légumes made in France « à prix raisonnable » aux consommateurs ont eu lieu à Paris et en Petite couronne…

A. Ba.

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Paris, le 22 août 2018. - Des agriculteurs du Lot-et-Garonne vendent à «des prix raisonnables» leurs fruits et légumes aux Parisiens, place de la Bastille.
Paris, le 22 août 2018. - Des agriculteurs du Lot-et-Garonne vendent à «des prix raisonnables» leurs fruits et légumes aux Parisiens, place de la Bastille. — A.B. / 20 Minutes
  • La vente directe aux consommateurs est organisée par le syndicat agricole Modef épaulé par le Parti communiste.
  • Cinquante tonnes de fruits et légumes seront vendus, ce mercredi, à Paris, en Seine-Saint-Denis, dans le Val-de-Marne et les Hauts-de-Seine.
  • La première édition remonte aux années 1990.
  • Les objectifs de l’initiative sont de « faire la promotion des produits français avec un prix rémunérateur pour les agriculteurs et faire plaisir aux citoyens avec des produits de qualités gustative et sanitaire ».

« Le prix est correct pour payer les agriculteurs. » Sam salue l’initiative à laquelle il participe depuis les débuts. Depuis 1990, des producteurs du Lot-et-Garonne montent à Paris pour vendre leurs  fruits et légumes à « prix raisonnable ». Ce mercredi encore, ce seront 50 tonnes de produits frais qui seront vendus à Paris, en Seine-Saint-Denis, dans le Val-de-Marne et les Hauts-de-Seine. « Je viens faire mes courses ici car les produits sont de qualité », dit ce Parisien en rejoignant son caddie.

Des ventes directes aux consommateurs organisées par des agriculteurs du Lot-et-Garonne afin de privilégier le circuit court. Mais aussi, « faire la promotion des produits français avec un prix rémunérateur pour les agriculteurs et faire plaisir aux citoyens avec des produits de qualités gustative et sanitaire », explique Raymond Girardi, agriculteur et vice-président du syndicat agriculture paysanne, Modef.

Sam Rozenholc participe depuis les débuts à ces ventes qui privilégient le circuit court. Le 22 août à Bastille, Paris 11e.
Sam Rozenholc participe depuis les débuts à ces ventes qui privilégient le circuit court. Le 22 août à Bastille, Paris 11e. - A.B./ 20 Minutes

Une date symbolique

« Nous avons choisi le jour de la rentrée politique du président de la République pour organiser notre vente directe », explique Raymond Girardi. A Bastille, dans le 11e arrondissement de Paris, les agriculteurs accompagnés de militants du Parti communiste s’organisent pour écouler les 15 tonnes de fruits et légumes.

Christelle a laissé son mémoire de côté afin de « soutenir le circuit court et acheter de bons fruits et légumes », qui lui permettront, elle l’espère, d’avoir « de bons neurones pour travailler ». Pour 19 euros, l’étudiante repart avec un cabas rempli de courses.

Les prix annoncés des agriculteurs du Lot-et-Garonne, présents à Bastille pour leur vente directe. Le 22 août.
Les prix annoncés des agriculteurs du Lot-et-Garonne, présents à Bastille pour leur vente directe. Le 22 août. - A.B. / 20 Minutes

Les paysans auront « disparu d’ici 10 ans »

« Les 2 melons sont vendus 3,50 euros au lieu de 5 euros dans la grande distribution », rappelle le vice-président du Modef qui défend un juste prix pour le paysan. 1,70 euro le kilo de tomates, c’est 1 euro qui est reversé directement au paysan. Le syndicat agricole pointe là une maigre marge de 0,70 centime : « C’est la marge qui devrait être pratiquée partout ».

Parmi les clients ravis de l’initiative et souvent habitués, Marie vient pour la première fois. « Je trouve que cela est politique », lance-t-elle avant de repartir avec des tomates qu’elles trouvent « trop grosses ».

Vente directe des producteurs et agriculteurs du Lot-et-Garonne à Bastille, Paris 11e. Le 22 août
Vente directe des producteurs et agriculteurs du Lot-et-Garonne à Bastille, Paris 11e. Le 22 août - A.B./20 Minutes

L’importation en France de près de 40 % de fruits et légumes en provenance de l’étranger et l’utilisation systémique de produits chimiques par les grands producteurs inquiètent le syndicat agricole Modef qui entrevoit « la disparition des paysans, d’ici 10 ans, si des mesures concrètes ne sont pas prises par l’Elysée ».

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