Un juge d'instruction fait une erreur, un homme suspecté d'avoir fomenté un attentat est libéré

JUSTICE « Le Canard enchaîné » révèle une affaire au « retentissement très important en interne » au ministère de la Justice après la libération d’un djihadiste présumé…

F.H. avec AFP

— 

Le nouveau Palais de justice de Paris aux Batignolles. (Illustration)
Le nouveau Palais de justice de Paris aux Batignolles. (Illustration) — SIPA
  • Oualid B., suspecté d'avoir fomenté un attentat, doit être jugé à Paris en novembre car il est soupçonné d’être impliqué dans un projet d’attentat dans la métropole lyonnaise en 2014.
  • Incarcéré depuis août 2016, l'homme a été libéré après le non renouvellement de sa détention provisoire par un juge d'instruction.
  • Selon Le Canard enchaîné, le juge d’instruction a été convoqué par sa hiérarchie qui lui a demandé, en vain, de quitter ses fonctions.

Soupçonné d’avoir préparé un attentat islamiste, un homme a été libéré par erreur de prison le 3 avril, révèle ce mercredi le Canard enchaîné. Incarcéré depuis août 2016 car soupçonné d’être impliqués dans un projet d'attentat en 2014 dans la métropole lyonnaise et dans une filière d’acheminement de combattants en Syrie, Oualid B. a été libéré après le non-renouvellement de sa détention provisoire par un juge d’instruction.

Jugé avec 15 autres personnes en novembre

Depuis cette erreur, l’homme, qui doit être jugé du 12 au 30 novembre à Paris aux côtés de Reda Bekhaled et de ses frères, est sous « contrôle judiciaire très strict », a assuré le ministère de la Justice. C’est pour cette raison d’ailleurs, qu’en mai dernier, Oualid B. a pu être interpellé.

L’homme se trouvait hors de la zone autorisée par son contrôle judiciaire. Selon le Canard enchaîné, il conduisait non seulement sans permis mais son téléphone portable contenait des images de djihadistes armés et un film de propagande de l’organisation de l’état islamique. Jugé en comparution immédiate à Meaux ( Seine-et-Marne), Oualid B. est ressorti libre du tribunal, alors que le parquet avait requis dix mois de détention. Le parquet a fait appel et Oualid B. devrait être jugé en appel pour ces faits le 13 septembre à Paris.

Le juge d’instruction a été convoqué par sa hiérarchie

Reste que l’oubli du juge d’instruction a eu « un retentissement très important en interne », reconnaît une source proche du dossier. Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a confirmé ce mercredi que Nicole Belloubet a demandé une enquête interne pour « identifier la raison de ce dysfonctionnement grave ».

Selon Le Canard enchaîné, le juge d’instruction a été convoqué par sa hiérarchie qui lui a demandé, en vain, de quitter ses fonctions. Interrogée, la présidence du tribunal de Paris n’a pas souhaité faire de commentaire. Le magistrat n’a pas pour le moment été sanctionné, selon une source proche du dossier.