Corruption: Un des principaux corrupteurs de Michel Neyret interpellé au Maroc

JUSTICE C'est une conversation entre Gilles Benichou et Michel Neyret qui avait fait tomber l'ex numéro 2 de la police judiciaire de Lyon... 

20 Minutes avec AFP

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Michel Neyret à la sortie de la cour d'appel de Paris, le 4 avril 2018.
Michel Neyret à la sortie de la cour d'appel de Paris, le 4 avril 2018. — JACQUES DEMARTHON / AFP

Fin de cavale pour Gilles Benichou. En fuite depuis deux ans, l’un des corrupteurs de l’ancien numéro deux de la police judiciaire de Lyon Michel Neyret, a été interpellé au Maroc la semaine dernière, a-t-on appris mardi de source judiciaire.

Gilles Benichou a été interpellé le 16 août, a indiqué cette source, confirmant une information de Paris-Match. « La procédure d’extradition est en cours », a-t-elle ajouté.

Condamné à cinq ans de prison

Gilles Benichou est considéré comme l’un des principaux corrupteurs du commissaire Neyret, figure déchue de la police condamnée en juin en appel à deux ans et demi de prison ferme pour «trafic d'influence et corruption».

En fuite lors du premier procès en 2016, Gilles Benichou a lui-même été condamné définitivement à cinq ans de prison et 100.000 euros d’amende. Egalement en cavale à l’époque, son cousin, Stéphane Alzraa avait été interpellé en novembre 2016 en Israël. Il a pour sa part été condamné en appel dans cette affaire à trois ans de prison et 250.000 euros d’amende.

Corruption et dîme

Michel Neyret a été jugé pour avoir fourni des informations confidentielles à des membres du milieu lyonnais, présentés comme des « indics », en échange d’avantages, de cadeaux et d’argent liquide, et d’avoir prélevé sa dîme sur une saisie de stupéfiants pour rétribuer des informateurs.

C’est par une conversation captée en février 2011 par la police entre Gilles Benichou et un suspect dans un dossier de drogue que le nom de Michel Neyret était apparu pour la première fois dans ce dossier. Gilles Benichou assurait à son interlocuteur qu’il pouvait lui venir en aide grâce à un ponte de la police, « un joker » qui ne pouvait « rien (lui) refuser ».