Saint-Etienne: Face à la polémique, le café «Au Négrillon» arrête sa production

POLEMIQUE Les Cafés Chapuis, torréfacteur situé à Saint-Etienne, ont annoncé mercredi que le produit ne serait plus proposé à la vente…

Julie Urbach

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Illustration de grains de café
Illustration de grains de café — PICTURE PRESS EUROPE/SIPA
  • L’entreprise familiale Café Chapuis a été pointée du doigt par le Conseil représentatif des associations noires (CRAN) et plusieurs internautes sur les réseaux sociaux.
  • En cause, l’appellation « Au Négrillon » que la société utilise depuis 1945.

« Nous regrettons d’avoir pu blesser en commercialisant ce produit, c’est pourquoi nous en avons arrêté la production. » Voilà le message affiché ce mercredi matin sur le site Internet des Cafés Chapuis. Le torréfacteur, situé à Saint-Etienne, a finalement décidé de retirer un produit de sa gamme, après une polémique sur les réseaux sociaux. Au cœur de l’affaire, le café en grains nommé « Au Négrillon », et décrit comme un « café tradition du petit-déjeuner pour un réveil tonique ».

« C’est en 1945 à Saint-Etienne que Pierre et Rose Chapuis fondent une épicerie fine à l’enseigne “Au Négrillon” qui se spécialise rapidement dans la torréfaction et la vente de café », explique l’entreprise. Sauf que 73 ans plus tard, l’utilisation de ce terme, affiché sur certains paquets, ne passe plus. Notamment pour le Conseil représentatif des associations noires (Cran), qui se félicite ce mercredi de la décision de l’entreprise. A l’origine de ce combat, le collectif avait déjà obtenu, il y a quelques jours, que plusieurs supermarchés de la région retirent cet article de leurs rayons.

Contexte de l’esclavage colonial

« Le terme “négrillon” a été forgé dans le contexte de l’esclavage colonial, crime contre l’humanité. Fabriquer et commercialiser ce produit sous cette appellation est tout à fait inacceptable », estime Ghyslain Vedeux, le président du Cran.

Dans la foulée, l’association a reçu la promesse des Cafés Chapuis, qui se décrit comme une entreprise familiale engagée dans une « démarche éthique », « à travailler » sur la question des discriminations. Contactée par 20 Minutes, l’entreprise n’a pour le moment pas souhaité commenter davantage sa décision.

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