Nancy: Un étudiant malvoyant veut contester le refus d'adapter l'examen d'entrée à l'école d'avocats

UNIVERSITE L'épreuve de la note de synthèse, qui lui pose problème, est programmée pour le 1er septembre...

B.P.

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Un étudiant malvoyant a demandé une adaptation de l'épreuve de synthèse à l'examen d'accès à la formation d'avocats. Illustration
Un étudiant malvoyant a demandé une adaptation de l'épreuve de synthèse à l'examen d'accès à la formation d'avocats. Illustration — POL EMILE/SIPA

Valentin Tonti-Bernard, Nancéen de 23 ans, qui explique avoir 1/100e à chaque œil, comme le rapportait France Bleu Lorraine Nord lundi, souhaite passer l’examen d’accès  au centre régional de formation professionnelle d’avocats (CRFPA)

Mais l’épreuve de la note de synthèse (d’un dossier de plusieurs dizaines de pages), programmée le 1er septembre, lui pose un problème particulier : l’étudiant a droit à un tiers-temps supplémentaire, l’aide d’un ordinateur et d’un assistant, mais il ne veut pas que quelqu’un lui lise tous les documents : cela reviendrait « à ce qu’il fasse le travail à ma place et ce n’est pas son rôle ».

Il a donc demandé en mai auprès du ministère de l’Enseignement supérieur un aménagement de l’épreuve : il demande que le dossier de « 30 à 70 pages » soit condensé. « J’ai une loupe qui multiplie par 12, une lecture en diagonale est impossible », a assuré l’étudiant.

Le tribunal administratif va être saisi

Lors d’une commission handicap à l’Université de Lorraine, qui accueille l’examen mais ne l’organise pas, un médecin a préconisé une réduction du nombre de pages, estimant que les aménagements déjà proposés étaient insuffisants.

Mais le ministère de l’Enseignement supérieur lui a refusé cet allégement : le ministère estime dans un courrier qui lui a été envoyé que « l’adaptation demandée représenterait une rupture d’égalité par rapport aux autres candidats, car la note de synthèse ainsi adaptée constituerait un sujet plus facile pour le candidat ».

« Je n’ai jamais rien demandé pour mon handicap et ce refus est douloureux », a commenté l’étudiant, précisant qu’il allait contester devant le tribunal administratif de Nancy cette décision.