Le pont Morandi à Genève s'est écroulé mardi 14 août 2018.
Le pont Morandi à Genève s'est écroulé mardi 14 août 2018. — SIPA

CRAINTE

Effondrement du viaduc de Gênes: Y a-t-il des risques en France où un pont sur trois a besoin de réparations?

Le gouvernement français a récemment commandé un audit sur l'état et la vétusté des ponts dans l'Hexagone...

La catastrophe de Gênes réveille les craintes de notre côté des Alpes. En France, 30 % des 12.000 ponts que compte le réseau routier non concédé à des sociétés privées sont à réparer, 7 % d’entre eux présentant même un « risque d’effondrement » à terme, indique un récent audit demandé par le gouvernement français.

La dégradation des chaussées et des ouvrages d’art est jugée « préoccupante » par le rapport, qui qualifie de « vieillissant et dégradé » le réseau routier français non concédé à des sociétés privées. Il s’étend sur 12.000 km, qui s’ajoutent aux 9.000 km d’autoroutes concédées. Un constat très préoccupant car en moyenne, un pont « n’est réparé que 22 ans après l’apparition des premières dégradations », selon le document.

800 millions d’euros prévus dans le budget 2018

17 % des routes nationales étaient gravement endommagées en métropole en 2016 contre 14 % dix ans plus tôt, soit 2.040 kilomètres au total, selon ce rapport. A l’origine des dégradations, les hivers rigoureux et les intempéries qui sont à l’origine de l’arrachement des couches superficielles des routes, et un trafic élevé avec des pointes de trafic supérieures à 30.000 véhicules par jour sur certaines portions. « Si les voies ne sont pas réparées à temps, l’eau s’infiltre et attaque la structure de la chaussée ».

Le document estime à 1,3 milliard d’euros en moyenne par an le coût des dépenses annuelles à prévoir pour l’entretien et la remise en état du réseau. Cette année, le budget prévoyait 800 millions d’euros, soit 100 millions de plus qu’en 2017.

« L’entretien, c’est notre priorité, ça se traduit dès le budget 2018 et ça se traduira pendant plusieurs années », a assuré la ministre des Transports Elisabeth Borne interrogée mercredi sur Franceinfo après l’effondrement du viaduc Morandi à Gênes. La ministre a rappelé sa volonté de présenter « à la rentrée » une loi de programmation des infrastructures.