Rennes: Un centre de loisirs refuse d’accueillir un enfant trisomique

POLEMIQUE La ville estime que l’accueil de l’enfant était «trop compliqué»...

J.G.

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Le 16 juillet 2018, à Paris. Les enfants d'un centre de loisirs, accompagnés par des animateurs, se promènent dans le parc des Buttes-Chaumont, au début des vacances d'été.
Le 16 juillet 2018, à Paris. Les enfants d'un centre de loisirs, accompagnés par des animateurs, se promènent dans le parc des Buttes-Chaumont, au début des vacances d'été. — Clément Follain / 20 Minutes

« La ville de Rennes refuse l’accueil de mon fils Mathéo qui est trisomique au centre de loisirs des Gayeulles ». Ce père de famille ne décolère pas et a fait part de son indignation la semaine dernière sur Facebook. Le message a depuis été partagé plus de 18.000 fois sur le réseau social.

Les faits remontent à la fin juillet. Comme tous les étés, Mathéo, 9 ans, doit passer une partie de ses vacances au centre des loisirs. Mais deux jours avant son arrivée, ses parents sont prévenus que leur enfant trisomique ne pourra pas être accueilli cette année, « soi-disant parce qu’il n’y avait personne pour s’occuper de lui », indique la mère, interrogée par Ouest-France.

Un problème d’intégration selon le centre de loisirs

Face à l’incompréhension des parents, le centre de loisirs se résout tout de même à accueillir l’enfant pour une journée, en guise d’essai. Malheureusement, un petit incident aux toilettes, l’enfant s’étant essuyé sur les murs, va envenimer la situation. Le soir même, les parents reçoivent un texto du responsable leur indiquant que leur enfant ne peut plus revenir au centre de loisirs.

« L’année dernière, Mathéo est venu aux Gayeulles. Cela s’est très bien passé. Il n’avait jamais été refusé auparavant », se désole la mère du garçon, interrogée par le quotidien. Selon le responsable du centre qui s’est entretenu avec les parents, Mathéo ne parviendrait pas à s’intégrer avec les autres enfants.

La ville répond aux critiques

La ville de Rennes a réagi dans la journée dans un communiqué, réfutant toute discrimination. Elle précise d’ailleurs que cet été, « 20 à 30 enfants porteurs de handicap sont accueillis chaque jour dans les centres de loisirs ». Dans le cas de Mathéo, la ville estime que ses parents auraient dû prévenir les services plus tôt afin « de recruter un animateur référent supplémentaire pour Mathéo ».

L'enfant accueilli en urgence, « son handicap et les comportements associés se sont avérés, de l’avis des professionnels sur place, totalement incompatibles avec un accueil en milieu ordinaire dans un centre qui accueille 200 enfants en moyenne par jour », précise la ville.