L’hôtellerie-restauration veut faciliter l’emploi des réfugiés pour remédier à la pénurie de main-d’œuvre

MIGRATION Hôteliers et restaurateurs comptent faire des propositions au gouvernement pour faciliter l’emploi des réfugiés. Le but : remédier à une pénurie de main-d’œuvre de plus en plus aiguë dans le milieu…

M.F. avec AFP

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Cuisine d'un restaurant (illustration)
Cuisine d'un restaurant (illustration) — Free-Photos/ PixaBay

Un secteur « en capacité de signer 100.000 embauches tout de suite ». Les hôteliers et les restaurateurs réfléchissent à faciliter l’emploi de réfugiés pour pallier une pénurie de main-d’œuvre de plus en plus aiguë dans le secteur. Ils feront des propositions au gouvernement en ce sens cet automne.

« Nous faisons face à une énorme pénurie dans notre branche : les entreprises ne trouvent personne, c’est pourquoi nous voulons favoriser l'intégration des réfugiés dans nos établissements », a affirmé dans un entretien à l’AFP Roland Héguy, président de la principale organisation du secteur hôtelier, l’Umih.

On recherche en cuisine et dans le service d’étage

Il se trouve que le secteur est « en capacité de signer 100.000 embauches tout de suite : la moitié en CDI, l’autre moitié en contrats saisonniers », a-t-il assuré. Cette pénurie est particulièrement criante pour les emplois à pourvoir dans les cuisines et le service d’étage, comme femmes de chambre ou gouvernantes.

L’Umih réfléchit en parallèle, à des propositions sur la formation et l’emploi qu’elle formulera au gouvernement, afin de revaloriser des métiers dont les conditions d’exercice telles que la pénibilité ou les horaires décalés, n’attirent pas les jeunes.

Champions du travail dissimulé

Prenant « acte, non sans une certaine surprise, de la déclaration d’intention » du patronat du secteur, la CGT a souligné mercredi dans un communiqué, qu’elle réclamait « depuis des années sans succès » l’ouverture d’une discussion sur la régularisation des migrants pour lutter contre la pénurie de main-d’œuvre.

Mais « si la CGT partage l’idée qu’il faut régulariser tous les travailleurs sans papiers et faciliter les démarches administratives pour y parvenir, le problème de l’attractivité des métiers ne peut pour autant être écarté des discussions paritaires », a fait valoir la fédération CGT Commerce et services, en demandant que des négociations s’engagent « très rapidement ».

« Il faudra également avoir un regard lucide sur les pratiques de certains professionnels qui font du secteur un des champions du travail dissimulé et mettre en œuvre un véritable plan de travail pour lutter contre ce fléau », a également averti la CGT.

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