Les livreurs Foodora s'inquiètent après l'annonce de la fermeture de la plateforme

DERNIERE COURSE Certains coursiers ont appris la nouvelle de la fermeture de leur entreprise par la presse...

L.Br.

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Un livreur de repas Foodora en mai 2016 (image d'illustration).
Un livreur de repas Foodora en mai 2016 (image d'illustration). — SEBASTIEN SALOM-GOMIS/SIPA

Foodora quitte la France. Pas assez rentable, l’entreprise de livraison de repas à domicile par coursier a annoncé son retrait du marché français le 3 août. De quoi inquiéter les livreurs à vélo embauchés par l’entreprise allemande.

Ils ont appris la nouvelle « dans la presse », confie un livreur dans un article du Parisien. En France, Foodora fait travailler plus de 1.500 coursiers, qui s’inquiètent désormais pour leur avenir. Du côté de la plateforme, c’est silence radio. Un mutisme qui n’est pas pour les rassurer. Certains ont même arrêté de travailler, de peur de ne pas être payés pour leurs dernières courses.

Des salaires « revisités »

Certains regrettent la disparition de la « plus humaine » des plateformes de livraisons de repas : chez Foodora, les livreurs passent encore des entretiens et leur matériel est vérifié. Ils sont également les seuls à être payés à l’heure (environ 7,50 euros), et non pas à la course.

« C’est le seul système qui nous garantisse un minimum de sécurité », regrette ainsi une employée de la plateforme. Ils craignent également une concurrence plus forte entre les livreurs avec la disparition d’une plateforme. L’augmentation de l’offre par rapport à la demande pourrait donner des idées aux entreprises concurrentes. « Elles pourraient être tentées de revisiter les prix », ajoute-t-elle.

Les livreurs, eux, ne se font aucune illusion sur la possibilité de reprise de l’entreprise. En revanche, le député Aurélien Taché (LREM), rapporteur de la loi Avenir professionnel, se veut rassurant : la loi qui entérine la création d’une allocation pour les indépendants en liquidation judiciaire vient d’être votée par les députés. « Si Foodora va en liquidation judiciaire ou en redressement, les livreurs seront éligibles à cette assurance chômage », assure-t-il au Parisien.

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