VIDEO. Après son agression, Marie Laguerre se bat contre le harcèlement de rue: «La honte doit changer de camp»

INTERVIEW La vidéo où elle se faisait agresser pour avoir répondu à son harceleur a fait le tour des réseaux sociaux...

Paul Blin-Kernivinen

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Marie Laguerre, co fondatrice de Nous Toutes Harcèlement.
Marie Laguerre, co fondatrice de Nous Toutes Harcèlement. — Paul Blin Kernivinen/ 20 Minutes

Alors qu’elle rentrait chez elle dans le XIXe arrondissement de Paris, le 24 juillet dernier, Marie Laguerre croise la route d’un homme qui l’interpelle et se livre à des gestes déplacés. Excédée, la jeune femme de 23 ans lui répond. Son harceleur revient sur ses pas et la frappe, devant plusieurs témoins assis à la terrasse d’un café. Le lendemain, elle décide de diffuser la vidéo de son agression sur son compte Facebook. Cette vidéo suscite de nombreuses réactions, venues du monde entier. Quelques jours plus tard, Marie Laguerre décide de fonder avec d’autres femmes une plateforme pour que les femmes harcelées puissent témoigner.

 

La cofondatrice de Nous Toutes Harcèlement explique à 20 Minutes son combat.

Pour quelles raisons avez-vous décidé de diffuser la vidéo de votre agression dés le lendemain sur votre compte Facebook ?

J’ai ressenti un besoin de m’exprimer par rapport à ce qui m’était arrivé car c’est quelque chose que je trouve vraiment intolérable. Et je sais que cela n’arrive pas qu’à moi. Toutes mes amies ont déjà été harcelées ou agressées. Selon moi, diffuser cette vidéo était un bon moyen de montrer la gravité de cette situation.

Comment fonctionne la plateforme Nous Toutes Harcèlement ?

Ce site permet tout simplement de recueillir des témoignages, de les relayer. Nous avons également créé une page Facebook. Pour l’instant nous avons déjà 1000 demandes de témoignages à traiter.

Dès septembre 2018, les harceleurs pourront être punis par la justice et devront payer une amende. Pensez-vous que c’est la bonne solution ?

C’est bien que le gouvernement envoie un message symbolique. Mais je pense que mettre des amendes ​, comme le propose Marlène Schiappa, en flagrant délit, ce n’est pas réaliste. Il faut surtout changer les mentalités.

Quelles sont les solutions ?

Pour pouvoir appliquer cette loi et celles déjà existantes sur le harcèlement sexuel, il faut que les professionnels soient formés à reconnaître le sexisme. Je pense aux forces de l’ordre, aux médecins, aux infirmiers mais aussi aux juges et aux magistrats. C’est important que la honte change de camp.