Mont-Blanc: La limitation d'accès peut-elle devenir permanente?

ALPINISME Un arrêté préfectoral pris il y a plusieurs semaines restreint l'accès au Mont-Blanc... 

Mathilde Ceilles

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Le Mont-Blanc avec à sa droite le Mont Maudit et le Dôme du Goûter, le 16 septembre 2010 dans les Alpes en France
Le Mont-Blanc avec à sa droite le Mont Maudit et le Dôme du Goûter, le 16 septembre 2010 dans les Alpes en France — JEAN-PIERRE CLATOT AFP
  • Un arrêté préfectoral pris il y a plusieurs semaines restreint l’accès au Mont-Blanc.
  • La préfecture réfléchit à interdire cet accès de manière pérenne.

C’est une première. Depuis la mi-juillet, l’accès au Mont-Blanc par l’itinéraire classique de l' Aiguille du Goûter, dans les Alpes françaises, est restreint. Un arrêté, en vigueur depuis le 14 juillet et prolongé plusieurs fois, a été pris afin de faire face au « dépassement récurrent et significatif de la capacité d’accueil du refuge du Goûter » et « des risques graves d’atteinte à l’ordre public », en termes de sécurité, de salubrité et de tranquillité, « induits par cette surfréquentation », explique la préfecture de Haute-Savoie dans un communiqué.

La situation est-elle temporaire ou amenée à être pérennisée ? La surfréquentation de cette zone, et particulièrement de ce refuge, existe en effet depuis plusieurs années, comme le reconnaît la préfecture de Haute-Savoie interrogée par 20 Minutes. « C’est un problème récurrent l’été, explique-t-elle. Le refuge est surbooké, certains prennent la peine de réserver, d’autres non. Or, il y a eu un incident entre des personnes qui avaient réservé et d’autres non. Le ton est monté, certains ont ressenti un sentiment d’injustice. »

« Une réflexion est en cours »

Cet arrêté constitue ainsi une solution d’urgence temporaire qui ne résout toutefois pas la problématique. Peut-on ou même doit-on donc envisager une limitation d’accès permanente ? Du côté de la préfecture de Haute-Savoie, on indique que « l’arrêté pourrait être prolongé après le 15 août » si la situation ne change pas, mais « qu’une réflexion est en cours pour trouver un outil ou un autre moyen de pérenniser cette forme de régulation qui ne passerait pas par un arrêté. »

Sous quelle forme et comment ? La question reste pour l’heure en suspens. « Il reste aux autorités de mettre en place une solution applicable, note Ludovic Erard, président du bureau des guides de Grenoble. J’étais récemment au Goûter et personne ne m’a contrôlé, ça me paraît difficile. » Ce guide depuis quatre ans qui régulièrement gravit le Mont-Blanc est toutefois plutôt favorable à une limitation pérenne comme l’envisage la préfecture.

« Si la personne ne peut pas être logée en altitude, où doit-elle aller ?, s’inquiète Ludovic Erard. Soit plus haut, soit plus bas, soit dehors. Et il faut faire l’expérience, dormir dehors à 3.000 mètres d’altitude, le ressenti est de moins 10 degrés ! » Mais pour ce guide, « la problématique est moins celle liée à la surfréquentation que celle de la sécurité et les pratiques de certaines personnes. Il faut faire de la formation et de l’information, ce que le bureau des guides de Grenoble essaie de faire à son niveau. »

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