Harcèlement de rue: Marlène Schiappa veut «poser un interdit social clair»

DROITS DES FEMMES Le Parlement a approuvé mercredi soir le projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles par 92 voix...

L.Br.

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Marlène Schiappa à l'Elysée, le 21 mars 2018.
Marlène Schiappa à l'Elysée, le 21 mars 2018. — LUDOVIC MARIN / AFP

Faire changer la société en changeant les lois. Invitée sur Europe 1 ce jeudi, Marlène Schiappa est revenue sur sa loi sur les violences sexistes et sexuelles, définitivement adoptée par le Parlement mercredi.

« L’enjeu, c’est vraiment de faire changer la société, d’abaisser notre seuil de tolérance à ces violences sexistes et sexuelles », a expliqué la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes. Cette loi punit notamment le « harcèlement de rue » par amendes de classe 4, allant de 90 à 750 euros, pour les auteurs.

« Interdit social clair »

La secrétaire d’Etat reconnaît qu’il existe des failles dans cette nouvelle interdiction, mais, selon elle, il fallait en passer par là pour faire changer les mentalités. « Désormais, il y aura des amendes en flagrant délit », a développé la secrétaire d’État, tout en reconnaissant qu’il n’y aurait « pas un policier derrière chaque femme ». « Néanmoins, il faut poser un interdit social clair et dire que les lois de la République interdisent d’invectiver des femmes dans l’espace public. Il n’y a pas un policier à côté de chaque feu rouge et néanmoins cet interdit, globalement, est respecté. »

Interrogée sur l’agression de Marie, parisienne frappée au visage par un homme qui l’avait interpellée dans la rue, Marlène Schiappa veut arrêter l’escalade de la violence.

Arrêter l’escalader

« Ce que l’on voit dans cette vidéo, c’est ce que les experts appellent le continuum des violences sexistes et sexuelles : ça commence par un homme qui fait des bruits de bouche, salaces, dans le but d’être dégradant envers cette jeune femme, puis qui lui crie des choses, puis des insultes, puis qui lui jette un cendrier au visage, puis qui la frappe très violemment. » « Je crois qu’il faut arrêter cette escalade dès le début », a conclu la secrétaire d’État.

Le Parlement a approuvé mercredi soir le projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles par 92 voix. Il a pour objectif de renforcer la répression des viols et abus sexuels commis sur les mineurs, d’allonger le délai de prescription de l’action publique de certains crimes, lorsqu’ils sont commis à l’encontre de mineurs et de renforcer la répression du harcèlement sexuel ou moral.

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