VIDEO. Marseille: L'Aquarius se prépare à être de nouveau «coincé plusieurs jours en mer»

MIGRANTS L'Aquarius, bateau de SOS Méditerranée, reprend la mer ce mercredi en fin d'après-midi, après une escale technique d'un mois à Marseille... 

Mathilde Ceilles

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Le navire Aquarius à 29 juin 2018 dans le port de Marseille.
Le navire Aquarius à 29 juin 2018 dans le port de Marseille. — Boris HORVAT / AFP
  • L’Aquarius était en escale technique à Marseille depuis un mois.
  • Il repart ce mercredi en fin d'après-midi.
  • Le contexte politique demeure toutefois complexe en Méditerranée.

Le départ est prévu pour ce mercredi en fin d’après-midi, aux alentours de 17 heures. Après une longue escale technique​ d’un mois à Marseille, l’Aquarius repart en mer.

Ce navire de l’ONG SOS Méditerrannée et de Médecins sans frontières était pendant le mois de juin au cœur d’une polémique européenne. Dans la nuit du 9 au 10 juin, l’Aquarius, avec 630 migrants à bord, s’était vu refuser l’accès à Malte et en Italie, le nouveau ministre de l’Intérieur italien, Matteo Salvini, chef de La Ligue (extrême droite), ayant refusé d’ouvrir ses ports au bateau. L’odyssée du navire s’était achevée le 17 juin dans le port espagnol de Valence.

« Nous nous préparons à être coincé plusieurs jours en mer »

Un mois plus tard, le contexte est toujours aussi complexe, et l’ONG « se prépare à tous les scénarios », selon son président Francis Vallat. « Nous ne partons pas à l’aveugle, mais nous sommes un peu dans l’inconnu, sans savoir le scénario à venir, explique-t-il. Nous n’avons pas de certitudes sur le prochain port sûr qui pourrait nous accueillir. »

« Evidemment, on ne le souhaite pas, mais nous nous préparons aux scénarios les plus difficiles, et notamment à être coincé plusieurs jours en mer », abonde le directeur des opérations de SOS Méditerranée Frédéric Penard.

Un bateau réaménagé pour faire face à un blocage en mer

Afin notamment de parer à cette éventualité, l’Aquarius a été réaménagé pendant ce mois d’arrêt dans le port de la cité phocéenne. « Nous avons par exemple augmenté nos capacités d’accueil en termes d’alimentation, de sorte à pouvoir nourrir 400 personnes pendant une quinzaine de jours, indique Aloys Vimard, coordinateur de projet Médecins sans frontières sur l’Aquarius. Nous avons des cartons de nourriture dans toutes les cabines, tous les espaces de stockage du bateau sont utilisés. »

Durant ce mois d’arrêt, l’ONG a également discuté avec le gouvernement français et son soutien. « Il nous a été indiqué que la France ne ferait pas d’objection ou de tentative d’objection à notre action », affirme Francis Vallat. Toutefois, la ville de Marseille comme port d’accueil pour l’Aquarius ne représente pas une solution aux yeux de l’ONG. « Nous avons été extrêmement bien accueillis, mais Marseille n’est pas le port optimal car nous sommes trop loin des zones où se font les sauvetages, ajoute-t-il. Il nous faut par exemple huit jours de mer pour une simple relève. »

« Nous refuserons toujours de débarquer les gens en Libye »

« Les solutions politiques européennes ont été bricolées de façon ad hoc, regrette Frédéric Pénard. La question du débarquement ne doit pas en être une. La question est : dans quel port sûr pouvons-nous débarquer le plus rapidement possible ces personnes en danger, comme le stipule le droit maritime ? Une certitude : nous refuserons toujours de débarquer les gens en Libye. Il n’y a pas de port sûr. »

Selon les chiffres avancés ce mercredi par l’ONG lors d’une conférence de presse, en juin dernier, alors que l’Aquarius était à quai, sept fois plus de personnes sont mortes en mer qu’en 2017 à la même période.

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