Harcèlement de rue: «Il est maintenant grand temps pour nous de réagir»

VOUS TÉMOIGNEZ « 20 Minutes » vous a proposé de réagir après l’agression sexiste dont a été victime une jeune femme dans le 19e arrondissement de Paris…

V.V.

— 

Capture d'écran de la vidéo diffusée sur la page de Marie Laguerre.
Capture d'écran de la vidéo diffusée sur la page de Marie Laguerre. — Facebook
  • Une jeune femme a été frappée après avoir répondu à un homme qui la harcelait.
  • Choquée pendant 20 minutes, elle a fini par déposer plainte au commissariat.
  • Son courage a suscité l’admiration de nombreuses femmes.

Évidemment, certaines, comme Élodie, « se cachent encore derrière un livre » quand elles prennent place dans un bus. D’autres, à l’image de Jessica, font toujours leurs courses « tête baissée ». Mais les jeunes femmes semblent, enfin, être de plus en plus nombreuses à vouloir affronter le regard des hommes, auteurs de harcèlement de rue et autres remarques sexistes.

 

C’est ce que révèlent la majorité des jeunes femmes qui ont témoigné auprès de 20 Minutes, depuis l’agression subie par Marie Laguerre, mercredi dernier, dans le 19e arrondissement de Paris. Cette jeune femme rentrait tranquillement chez elle quand un homme s’est permis de lui faire des remarques salaces dans la rue. « Pas de chance, ce n’était pas le premier de la journée et j’étais fatiguée. J’ai donc lâché un ‘’Ta gueule !’’ en traçant ma route », raconte-t-elle sur sa page Facebook.

En réaction, l’agresseur n’a pas hésité à lui jeter un cendrier au visage avant de faire demi-tour et de la frapper devant des dizaines de personnes, attablées à la terrasse d’un café. Plus encore que la sidération de cette jeune femme au départ, c’est son courage qui l’a conduite à déposer plainte que retiennent aujourd’hui les internautes qui ont répondu à l’appel à témoignages lancé par 20 Minutes.

« Une génération de jeunes femmes ne veut plus subir »

Comme si, par son attitude, Marie Laguerre avait donné à des dizaines de jeunes femmes la force nécessaire de répondre et de réagir à ceux qui pensent encore stupidement qu’un « T’es bonne ! » lâché dans la rue ou sur un quai de gare va leur permettre de connaître enfin l’amour.

Oriane y a encore été confrontée lundi. « Je traverse sur un passage piéton. Un conducteur me regarde de façon perverse, raconte la jeune femme de 24 ans. Il me klaxonne et me dit que je pourrais le remercier. » Déjà confrontée à une bonne dizaine d’événements similaires dans sa courte existence, la jeune femme a toujours peur des représailles. Mais cette fois-ci, elle n’a pas hésité à lui répondre. « Je lui ai dit : ‘’Tu n’as pas à me klaxonner et ta gueule !’’ Il est maintenant grand temps pour nous de réagir »

Ce dont se félicite Marlène Schiappa. « J’ai l’impression qu’on a une génération de jeunes femmes qui ne veut plus subir et qui subit depuis trop longtemps », a expliqué la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes sur France Info, lundi.

« Je ne ferme plus ma bouche »

A l’instar de Géraldine, 42 ans. « Un jour, un homme m’a interpellé en m’appelant ‘’Mon petit papillon’’. Comme je ne répondais pas, il m’a insultée… » Après un instant d’hésitation, cette Guadeloupéenne a fini par faire demi-tour et demander des explications à son harceleur. « La honte a alors changé de camp, raconte-t-elle. Depuis ce jour, je ne ferme plus ma bouche… »

Tout comme Coralie, 22 ans. Agressée sexuellement dans un bus sans que personne n’intervienne, elle a hérité de cette histoire un traumatisme et une obligation morale : « Malgré mon petit gabarit, je me suis juré d’intervenir si je vois ce genre de scène dans la rue ou les lieux publics. » Jusqu’à ce qu’enfin, plus personne n’assiste plus jamais à « ce genre de scène ».

>> Les faits: Une femme frappée au visage pour avoir répondu à son agresseur

>> Harcèlement de rue: Les premières amendes dès cet automne