Harcèlement de rue: Marlène Schiappa annonce les premières amendes pour l’automne

VIOLENCES SEXUELLES « L’enjeu est grave : c’est celui de la liberté des femmes de circuler librement dans l’espace public », estime la secrétaire d'Etat...

M.C.

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Marlène Schiappa est secrétaire d'Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes depuis mai 2017.
Marlène Schiappa est secrétaire d'Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes depuis mai 2017. — VILLARD/SIPA

La lutte contre le harcèlement de rue est « la grande cause de ce quinquennat », répète Marlène Schiappa. Après l’agression à Paris d’une jeune femme, frappée au visage pour avoir insulté l’homme qui la harcelait, la secrétaire d’Etat à l’Egalité femmes-hommes estime dans un entretien publié dimanche sur le site internet du Parisien qu’il y a urgence à adopter le projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles.

Voté en mai par l’Assemblée, celui-ci vise notamment à créer un « outrage sexiste » pour le harcèlement de rue, passible de 90 euros minimum d’amende immédiate.

« On abaisse le seuil de tolérance, on dit qu’il n’y a plus de fatalité »

« L’enjeu est grave : c’est celui de la liberté des femmes de circuler librement dans l’espace public », déclare la secrétaire d’Etat, en rappelant que « le droit actuel sanctionne (le) type d’agression » dont a été victime la jeune étudiante de 22 ans.

Mais, ajoute Marlène Schiappa, « la grande nouveauté est que la loi va permettre d’agir en amont pour empêcher la gradation de la violence ». « C’est primordial : en interdisant le harcèlement de rue, en sanctionnant par une amende de classe 4 les outrages sexistes, on abaisse le seuil de tolérance, on dit qu’il n’y a plus de fatalité », explique la secrétaire d’Etat. Elle assure que « les premières amendes devraient être mises à l’automne ».