VIDEO. Filmer sous les jupes des femmes va enfin devenir un délit

LEGISLATION. Un amendement pénalisant cette pratique a été ajouté au projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles le 23 juillet dernier...

Lise ABOU MANSOUR

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Un étudiante russe dénonce l'upskirting dans une vidéo tournée dans le métro de Saint-Petersbourg
Un étudiante russe dénonce l'upskirting dans une vidéo tournée dans le métro de Saint-Petersbourg — Anna Dovgaliouk

Dans les rames de métro, les escalators ou la rue, de plus en plus de femmes se font photographier sous leur jupe à leur insu. Cela s’appelle de l’«upskirting» et la pratique s’est répandue ces dernières annéees avec la miniaturisation des téléphones portables et des appareils photo.

En France, cette pratique ne constitue pas une infraction et bénéficie d’un vide juridique. Elle n’est pas considérée comme une agression sexuelle car il n’y a aucun contact physique. Elle ne constitue pas non plus une atteinte à la vie privée car la photo est prise dans un lieu public. Mais un amendement pénalisant cette pratique a été ajouté au projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles le 23 juillet dernier. Il condamnerait l’auteur d’upskirting jusqu’à un an de prison et 15.000 euros d’amende.

Certains pays se sont déjà saisis du problème avant l'Hexagone. L’Ecosse, la Belgique, l’Australie ou encore la Nouvelle-Zélande pénalisent l’«upskirting».

En Angleterre, une jeune femme tente de faire bouger les choses. Elle s’appelle Gina Martin et a été victime d’upskirting il y a un an. Elle se trouvait à un festival avec sa sœur lorsqu'un homme derrière elle prend une photo sous sa jupe. La jeune femme se saisit alors du téléphone portable et court jusqu’à la sécurité. Elle réussira à obtenir la suppression de la photo mais ne pourra pas porter plainte. Et pour cause, en Angleterre, l’«upskirting» ne constitue pas une infraction.

Gina Martin a décidé de faire de la pénalisation de l’upskirting son combat. Elle a lancé une pétition qui a déjà reccueilli plus de 100.000 signatures et un proet de loi est actuellement en discussion au Parlement britannique. La peine de prison pourrait aller jusqu’à deux ans de prison et les voyeurs seraient enregistrés sur le registre des prédateurs sexuels.