Affaire Benalla: Un haut gradé n'avait «pas évoqué» la présence de Benalla avec sa hiérarchie selon l'IGPN

ENQUETE Laurent Simonin est directement mis en cause...

20 Minutes avec AFP

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Alexandre Benalla au côtés d'Emmanuel Macron le 24 février 2017 au Salon de l'Agriculture.
Alexandre Benalla au côtés d'Emmanuel Macron le 24 février 2017 au Salon de l'Agriculture. — Ludovic Marin/AP/SIPA

L’un des haut gradés de la préfecture de police n’avait « pas évoqué » avec sa hiérarchie la présence d’Alexandre Benalla, alors collaborateur de l’Elysée, comme observateur aux côtés des policiers le 1er mai à Paris, selon un rapport de la « police des polices », rendu public vendredi.

« Il apparaît certain » que le chef d’état-major adjoint de la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC), Laurent Simonin, « n’a pas évoqué avec son directeur la présence d’Alexandre Benalla sur le dispositif », estime l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Alexandre Benalla avait été filmé en train de frapper et de malmener des manifestants, des vidéos à l’origine d’une tempête politique. Prudente, l’IGPN rappelle que « des évolutions sont possibles dans le cadre de l’enquête » judiciaire en cours.

Laurent Simonin n’a pas sollicité d’autres garanties selon l’IGPN

Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb avait saisi le 19 juillet la « police des polices » pour se pencher sur les règles encadrant la présence d'« observateurs » aux côtés des forces de l’ordre et éclaircir les conditions de la présence d’Alexandre Benalla et de son comparse Vincent Crase, employé de LREM, sur le dispositif de maintien de l’ordre, le 1er mai place de la Contrescarpe.

« Sans solliciter d’autres garanties, convaincu de la véracité des dires de son interlocuteur (Alexandre Benalla) et sans évoquer plus avant sa présence en tant qu’observateur sur le service d’ordre avec ses supérieurs hiérarchiques », Laurent Simonin « lui a donné rendez-vous le 1er mai, en début d’après-midi, à la préfecture de police », a relevé le rapport de la « police des polices », qui évoque la proximité entre Alexandre Benalla et des policiers en charge de l’ordre public dans la capitale.

L’embarras du policier « référent »

Laurent Simonin et deux autres hauts gradés de la préfecture de police de Paris ont été mis en examen, soupçonnés d’avoir transmis à Alexandre Benalla des images de vidéosurveillance de l’incident du 1er mai. L’IGPN met également en avant l’embarras du major Philippe Mizerski, policier « référent » chargé d’encadrer Alexandre Benalla ce jour-là, face à l’attitude de celui qui, comme collaborateur de l’Elysée, était considéré comme un « personnage de première importance » lors de la manifestation.

« Le positionnement hiérarchique insuffisant du fonctionnaire référent illustre la nécessité de formaliser dans une note-cadre les grands principes qui doivent présider à l’accueil d’observateurs dans les services et leur présence lors d’interventions », estime l’IGPN.

Dans la foulée de la publication du rapport, Gérard Collomb a annoncé « la signature systématique d’une convention accompagnée d’une charte rappelant les obligations de l’observateur ainsi que le port d’un signe distinctif permettant de l’identifier sans ambiguïté », selon un communiqué.