Affaire Benalla : Le patron des CRS pensait que le collaborateur de Macron était policier en civil

ENQUÊTE Pierre Leleu, commandant des CRS qui sont intervenus sur la place de la Contrescarpe le 1er mai a été auditionné, vendredi matin, par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale…

20 Minutes avec AFP

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Pierre Leleu, commandant d'unité de la CRS 15 de Béthune, auditionné par la commission d'enquête dans l'affaire Benalla, le 27 juillet 2018.
Pierre Leleu, commandant d'unité de la CRS 15 de Béthune, auditionné par la commission d'enquête dans l'affaire Benalla, le 27 juillet 2018. — Capture d'écran / LCP

Il faut toujours regarder d’où la menace peut venir. Jamais derrière. Commandant de la CRS 15 de Béthune (Pas-de-Calais), Pierre Leleu connaît la règle par cœur. Il l’a mise en avant, ce vendredi devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale, pour expliquer pourquoi il n’avait pas prêté plus attention que cela à l’altercation impliquant Alexandre Benalla. « Une fois les interpellations réalisées, l’attention des personnels s’est reportée sur la menace pour ne pas passer à côté des objectifs assignés à notre compagnie. »

Appelé à intervenir avec ses hommes place de la Contrescarpe, lors des manifestations du 1er mai, Pierre Leleu n’a découvert que jeudi dernier qu’Alexandre Benalla n’était pas un policier. « Pour cette journée, je n’avais pas été informé qu’il y avait des informateurs présents dans le dispositif, a-t-il justifié. Les deux personnes dont on parle [Alexandre Benalla et Vincent Crase] avaient, aux yeux de chacun, toute l’apparence de fonctionnaires de police en civil. L’un avait un casque, un poste de radio. L’autre portait une arme. »

Il n’a appris son existence que jeudi dernier

Selon lui, « la signalisation d’observateurs n’est pas quelque chose de normé » et d’ajouter que « s’il doit y avoir une réflexion, il appartient aux échelons centraux de proposer un schéma plus performant, plus cohérent. »

Connaissait-il Alexandre Benalla ? « Absolument pas. J’ai appris son existence jeudi dernier comme beaucoup de monde via la presse », a encore indiqué le commandant de CRS dans une salle de commission à moitié vide en raison du boycott de l’ensemble des députés de l’opposition.