L'Assemblée reprend l'examen du projet de loi asile-immigration dans une atmosphère électrique

ASSEMBLEE NATIONALE Après le rejet d’une motion de renvoi, les Insoumis ont quitté l’hémicycle avant la discussion générale...

20 Minutes avec AFP

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François de Rugy au perchoir (illustration).
François de Rugy au perchoir (illustration). — Christophe ARCHAMBAULT / AFP

Les députés ont repris mercredi soir l’examen du controversé projet de loi asile-immigration, porté par un Gérard Collomb fragilisé par l’affaire Benalla, dans une ambiance électrique dans l’hémicycle avec des oppositions offensives autour du déroulement de la commission d’enquête.

S’il a reporté à la rentrée la suite de la révision constitutionnelle, le gouvernement a maintenu la nouvelle lecture de ce texte jusqu’à vendredi soir, voire ce week-end. Objectif : une adoption définitive le 1er août, dernier jour de session extraordinaire, après une dernière navette avec le Sénat. 

« Un sujet qui amène l’Europe au bord de la catastrophe »

« Si l’actualité nous a, hélas, un peu détournés du calendrier des réformes (…) personne dans le pays ne comprendrait (…) que nous ne puissions débattre d’un texte aussi fondamental » sur « un sujet au cœur des préoccupations des Français et qui amène l’Europe au bord de la catastrophe », a défendu le ministre de l’Intérieur, devant un hémicycle garni et chauffé à blanc.

Le président de l’Assemblée François de Rugy (LREM) lui-même était au « perchoir ». En début de séance, plusieurs rappels aux règlements (LR, PS, LFI, PCF) ont critiqué la volonté de « museler la commission d’enquête » obtenue « au forceps ». La « commission d’enquête Cahuzac était présidée par [Charles] de Courson, qui ne se laissait pas imposer par la majorité la liste des personnes auditionnées », une commission « pas aux ordres du pouvoir exécutif », a affirmé Valérie Rabault (PS).

 

« Vous n’êtes plus à même de porter cette loi »

Avec « l’affaire Macron-Benalla (…) vous n’êtes plus à même de porter cette loi », a lancé, dans une motion de rejet au ton de réquisitoire, Eric Coquerel (LFI) au ministre de l’Intérieur, « un menteur » selon Jean-Luc Mélenchon. « Il n’est pas tenable d’examiner ce texte », lequel « cherche à flatter un électorat de la droite extrême », selon Elsa Faucillon (PCF).

Après le rejet d’une seconde motion, de renvoi, les Insoumis ont quitté l’hémicycle avant la discussion générale. « Nous ne pouvons pas continuer à débattre comme si de rien n’était avec ce déni de démocratie » en commission d’enquête, a justifié Ugo Bernalicis. « On va les laisser dessaouler et on reviendra demain voir s’ils écoutent », a lâché Jean-Luc Mélenchon dans les couloirs. Pour Eric Ciotti (LR), « notre démocratie a été abîmée depuis une semaine au gré des révélations ».

Fustigeant plus tôt la « politique politicienne », Gérard Collomb a tenu à rester sur le fond. « Depuis un an, nous avons pris à bras-le-corps le défi des migrations », sinon « nous ouvririons la voie aux populismes », a-t-il plaidé. Le projet vise notamment à réduire à six mois, contre onze aujourd’hui, l’instruction de la demande d’asile, au motif de faciliter à la fois l’expulsion des déboutés et l’accueil des acceptés. L'Assemblée, clairsemée et apaisée, a pour l'heure attaqué les amendements sur les quatre premiers articles. Il en reste 373.