Un train circule sur le réseau ferré de Bretagne, ici à Rennes.
Un train circule sur le réseau ferré de Bretagne, ici à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes

TRANSPORTS

Bretagne: En été, la SNCF doit faire face à une recrudescence des suicides sur les rails

Plusieurs accidents se sont produits sur les voies ferrées ces derniers jours autour de Rennes…

  • Plusieurs accidents de personne ont eu lieu sur le réseau ferré de Bretagne ces derniers jours.
  • L’été est souvent une période où le nombre de heurts augmente, selon la SNCF.
  • Les accidents occasionnent d’importantes perturbations pour les voyageurs et sont vécus comme un traumatisme par le personnel de bord et les conducteurs.
  • La période estivale est parfois vécue comme une solitude pour certaines personnes en détresse.

« L’accident de personne ». Les habitués de la SNCF craignent ces mots, toujours synonymes d’une longue immobilisation du train. Ces dernières semaines, ils ont pourtant été prononcés à plusieurs reprises en Bretagne.

En quelques jours, au moins quatre tentatives de suicide ont été enregistrées sur les voies ferrées dans la région. La dernière en date, c’était mercredi à Brécé, près de Rennes, où un homme de 39 ans a eu la jambe arrachée par le passage d’un TER.

Simple hasard ? Sans doute pas. « On a souvent plus de heurts en été », reconnaît la SNCF. C’est également le cas lors des fêtes de fin d’année, précise la société ferroviaire, qui ne souhaite pas s’étendre sur le sujet, par peur de faire « la publicité » de ces accidents. Pourquoi l’été ? « Parce que les gens qui souffrent de la solitude sont encore plus seuls en été », explique Alain Mathiot, président de SOS Amitié.

« Il n’y a plus de lien social »

Sa fédération reçoit chaque année 700.000 appels de personnes en détresse, dont un gros millier prêt à passer à l’acte. « L’été, ça ne faiblit pas. Les gens voient leurs amis partir, les associations fermer, leur psy être en vacances. Il n’y a plus de lien social. Le sentiment de solitude est accru », poursuit le président.

La Bretagne est la région française où l'on se suicide le plus. Mais dans ces tristes statistiques, on ne trouve pourtant pas de pic, pas de « saisonnalité ». Pas plus en été qu’à la rentrée de septembre ou en plein hiver. Seuls peut-être les modes opératoires changent.

Près de 3h d’interruption de trafic

Chaque année, environ 450 personnes se suicident sur les voies de chemin de fer, tant sur les grandes lignes de province que sur les liaisons urbaines de la région parisienne. A chaque accident, le trafic doit être interrompu, souvent entre 2h30 et 3h. « Nous avons un protocole à respecter à chaque suspicion de heurt. Le conducteur du train doit descendre et constater, avant d’alerter un officier de policier judiciaire », précise la SNCF.

Ces derniers sont d’ailleurs systématiquement pris en charge par la médecine du travail et peuvent bénéficier d’un accompagnement psychologique « s’ils le souhaitent ». « C’est une situation très difficile à vivre tant pour notre personnel que pour nos voyageurs », reconnaît la SNCF. Environ 10.000 personnes se suicident chaque année en France, ce qui place l’Hexagone en mauvaise place en Europe.