VIDEO. Affaire Benalla: «Dévoué», «disponible»...Le chef de la sécurité du Président loue les qualités d'Alexandre Benalla

AFFAIRE BENALLA Les députés ont auditionné le chef du groupe chargé de la sécurité du président de la République (GSPR). Il a fermement nié les soupçons d’interférence à l’encontre d’Alexandre Benalla…

Helene Sergent

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Lionel Lavergne, colonel et chef du Groupement de sécurité du Président de la République, à l'Assemblée nationale, mercredi.
Lionel Lavergne, colonel et chef du Groupement de sécurité du Président de la République, à l'Assemblée nationale, mercredi. — GERARD JULIEN / AFP

« On nous évoque la possibilité que des civils aient travaillé aux côtés, voire carrément dirigé la troupe d’élite chargée de la protection du président de la République. Si c’était avéré, ce serait une violation de l’état de droit ». Mardi, à l’issue de l’audition de plusieurs policiers responsables syndicaux, le président de la commission des Lois au Sénat, Philippe Bas (LR), s’est montré particulièrement ferme.

Près d’une semaine après les révélations du Monde sur le rôle joué par Alexandre Benalla, alors contractuel à l’Elysée et adjoint au chef de cabinet d’Emmanuel Macron, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer les « interférences » et l’omniprésence du jeune homme dans les rouages de la sécurité du Président.

« Il faisait régner la terreur »

Quelques minutes après son audition face aux sénateurs, le secrétaire général du syndicat Unité-SGP Police FO, Yves Lefebvre a décrit des relations délétères entre Alexandre Benalla et les policiers d’élite qui composent, avec les gendarmes, le groupe de sécurité du président de la République (GSPR). « Les langues commencent à se délier, nos collègues du GSPR, policiers pour la plupart d’entre eux, étaient bien évidemment sous la crainte, sous la menace verbale… de M. Benalla (…) Il faisait régner la terreur (…) et les policiers craignaient (…) de perdre leur place au sein du GSPR », lâche-t-il mardi face aux caméras de BFMTV.

Une version méticuleusement démontée ce mercredi par le chef du groupe en question, le GSPR, le colonel Lionel Lavergne. Auditionné pendant près de deux heures par les députés de la commission des Lois devenue commission d’enquête, le gendarme a, au contraire, vanté les mérites du contractuel mis en examen. « J’ai toujours eu des relations très professionnelles, très claires sur la répartition des missions, sur la collaboration. Je n’ai rien à dire si ce n’est que M. Benalla est quelqu’un de dévoué, disponible, efficace, réactif ». Selon lui, ses équipes ont toujours eu « des rapports très cordiaux » et il n’a « jamais eu de retour selon lequel M.Benalla était 'craint' par certains membres du GSPR ».

« Pas d’officine ou de police parallèle »

Autre accusation « gravissime » selon le sénateur Philippe Bas et portée par le syndicaliste Yves Lefebvre : l’existence de « personnel privé » qui n’est ni issu ni de la police ni de la gendarmerie et dirigée par Alexandre Benalla au sein du GSPR. « Il n’avait aucune autorité sur les services de sécurité. Il ne dirigeait pas le GSPR et ne se substituait pas non plus au préfet (…) Il n’y a pas d’officine ou de police parallèle à l’Elysée », a répété Lionel Lavergne.

Quant à la présence permanente d’Alexandre Benalla au plus près du président de la République lors de ses déplacements, rien d’anormal à en croire le colonel du GSPR : « Quand vous citez Alexandre Benalla au ski ou à vélo avec le Président, il est très clairement sur des déplacements non-officiels » organisés et pilotés par le contractuel, et ce dans le cadre de ses missions. Enfin, selon lui, le positionnement d’Alexandre Benalla sur les photos lui permettait simplement de « jouer son rôle d’adjoint au chef de cabinet », pour « diriger » et « guider » le président dans ses déplacements.

Soucieux de déterminer la teneur réelle des relations qui existaient entre les policiers du GSPR et Alexandre Benalla, le président de la commission des Lois au Sénat a sommé le syndicaliste Yves Lefebvre d’apporter « des éléments de preuves » à ses accusations. « Ce sera fait » s’est-il engagé.

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