VIDEO. Pourquoi les habitants des villes vont-ils plus souffrir de la canicule que ceux de la campagne?

MÉTÉOROLOGIE Météo France a placé neuf départements en alerte orange en raison de la canicule…

V.V.

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Paris, le 24 juillet 2018. Le phénomène des îlots de chaleur urbains fait suffoquer les habitants des villes.
Paris, le 24 juillet 2018. Le phénomène des îlots de chaleur urbains fait suffoquer les habitants des villes. — ALAIN JOCARD / AFP
  • La France connaît son premier épisode de canicule de l’été.
  • Les températures pourraient atteindre 37°.
  • « 20 Minutes » explique pourquoi les habitants des villes suffoquent.

L’urgence, autrefois, c’était d’éviter la propagation des maladies. Au 19e siècle, pour des raisons évidentes d’hygiène, toutes les villes ont asséché les marais et les zones de stockage d’eau sans penser qu’elles en auraient besoin 200 ans plus tard… Alors que Météo France a placé neuf départements en alerte orange en raison d’un épisode caniculaire, les habitants des villes se préparent à souffrir encore plus que ceux des campagnes.

« Lors de la canicule de 2003, un écart de 10° C avait été détecté entre certains arrondissements de l’est parisien et la campagne voisine de Melun (Seine-et-Marne), assure Erwan Cordeau, chargé d’étude Climat, air et énergie à l’Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région Île-de-France (IAU). C’est un effet dû au côté minéral des villes. »

Les arbres et le procédé d’evapotranspiration

Les spécialistes appellent cela l’îlot de chaleur urbain. « Les sols minéraux dans les villes emmagasinent la chaleur durant la journée et la libèrent durant la nuit. Mais les immeubles haut, tels que les immeubles haussmanniens, perturbent l’évacuation de cette chaleur contenue dans les infrarouges. Et donc, la nuit, les températures ne baissent pas. »

Une situation qui ne se présente pas dans les zones végétalisées. Tout d’abord parce que les arbres apportent l’ombre rafraîchissante. Surtout parce qu’ils connaissent le syndrome dit d’évapotranspiration. Contrairement aux immeubles, les arbres soumis aux grosses chaleurs puisent, via leurs racines, dans les sols gorgés d’eau et « transpirent » à longueur de temps dans l’air, permettant ainsi de le rafraîchir.

Peindre les toits en blanc et changer les asphaltes

Pour que les villes ne souffrent trop des effets de la chaleur, les urbanistes ont déjà planché sur plusieurs solutions. « A New York, par exemple, certaines toitures plates ont été peintes en couleur blanche afin de réverbérer la chaleur et non pas de la retenir, poursuit Erwan Cordeau. A Paris, une expérimentation est aussi menée sur un nouveau type d’asphalte, afin de limiter le phénomène des îlots de chaleur. »

Et surtout, chacun a bien compris l’intérêt de reverdir les villes pour ne pas monter en température. A Paris, un plan prévoit de planter d’ici à 2020, 30.000 nouveaux arbres – la capitale en compte déjà 100.000 – et d’ajouter 30 hectares de jardins publics. Encore faut-il les installer au bon endroit. L’institut d’aménagement et d’urbanisme a publié une carte permettant de situer les endroits les plus minéraux et donc les plus saturés de chaleur. Un site à visiter absolument si vous cherchez un coin où vous rafraîchir la nuit prochaine.