Affaire Benalla: Gérard Collomb tacle ses anciens camarades socialistes devant le Sénat

AUDITION Gérard Collomb a répondu aux questions des sénateurs ce mardi, après être passé devant la commission des Lois de l'Assemblée nationale...

20 Minutes avec AFP

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Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur, au Sénat le 24 juillet 2018.
Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur, au Sénat le 24 juillet 2018. — JACQUES DEMARTHON / AFP

Après son audition lundi matin devant les députés, Gérard Collomb a rendu des comptes aux sénateurs ce mardi. Le ministre de l’Intérieur a répété le déroulé des événements, avant de tacler ses anciens collègues du Parti socialiste.

Quels sont ses liens avec Alexandre Benalla ? Interrogé sur ce sujet, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a rappelé qu’Alexandre Benalla avait d’abord servi la gauche avant d’être le collaborateur d’Emmanuel Macron. « Avant d’assurer la protection à un moment donné de la campagne du président de la République, il avait assuré un certain nombre de protections d’autres campagnes. Celles de François Hollande, de Madame (Martine) Aubry… Comme je m’étais un peu éloigné du PS, à cette époque je le connaissais moins que d’autres », a déclaré Gérard Collomb.

Des questions de confiance avec son chef de cabinet

La saillie du ministre a provoqué colère et éclats de voix des sénateurs de gauche et l’intervention du président de la commission des Lois, Philippe Bas. C’est « une provocation bien amicale à l’égard de vos racines politiques », a grincé le sénateur PS, Patrick Kanner. Dans la suite de l’audition, le ministre a rappelé à plusieurs reprises qu’il avait croisé cet ex-collaborateur du chef de l’Etat mais pensait qu’il était « policier ».

« Je n’ai jamais vu M. Benalla au ministère de l’Intérieur (…) Je n’avais aucune relation avec M. Benalla », a-t-il certifié. Interrogé par le sénateur communiste Pierre Laurent sur les relations entre Alexandre Benalla et son chef de cabinet, Jean-Marie Girier, le ministre d’Etat a déclaré qu’il « ne pens (ait) pas qu’il ait jamais recruté M. Benalla. S’il devait en être ainsi, il y aurait des questions de confiance ».

Confusion des rôles

Gérard Collomb a également annoncé une réunion la semaine prochaine avec les syndicats policiers. « Je vais recevoir les syndicats la semaine prochaine car ils ont été totalement troublés par ces évènements. Je leur demanderai s’ils ont eu des problèmes avec M. Benalla et je leur demanderai pourquoi ils ne m’en ont pas parlé avant », a déclaré le ministre de l’Intérieur lui aussi devant les sénateurs.

Auditionnés par les sénateurs, les syndicats de policiers ont révélé les problèmes relationnels qu’ils rencontraient avec Alexandre Benalla. « La confusion des rôles, des missions, l’ambiguïté des fonctions de M. Benalla, nous posent de graves problèmes, notamment sur la lisibilité des instructions qu’il pouvait donner à nos collègues », s’est ému Olivier Boisteaux, président du syndicat indépendant des commissaires de police (SICP).

Insultes et terreur

« Il venait très souvent sur les services d’ordre, pour des débriefings. Les cadres de la préfecture de police le connaissaient comme une autorité », a assuré David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN). Selon Fabien Vanhemelryck, secrétaire général adjoint du syndicat de gardiens de la paix, Alliance, les relations entre M. Benalla et les fonctionnaires de police sur le terrain « étaient exécrables ».

« Il se comportait comme un cador. Il a été vu sur plusieurs opérations, plusieurs débriefings et plusieurs voyages présidentiels », a souligné le secrétaire général du syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI), Jean-Marc Bailleul. Selon le secrétaire général d’Unité-SGP, Yves Lefebvre, « M. Benalla faisait régner la terreur au sein du GSPR [groupe de sécurité de la présidence de la République]. Il allait jusqu’à l’insulte à l’égard des gradés et gardiens de la paix. »

« L’affaire Benalla » a été révélée le 18 juillet par le journal Le Monde. Dans une vidéo datée du 1er-Mai, Alexandre Benalla porte un casque de CRS et exerce des violences sur des manifestants alors qu’il est présent avec les forces de l’ordre en qualité d’observateur.

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