Tués en Syrie en 2013 selon leur famille, deux frères toulousains condamnés à dix ans de prison

DJIHADISME Depuis 2013, Jean-Daniel et Nicolas Bons, partis faire le djihad en Syrie, sont considérés comme morts. Ils viennent tout de même d’être condamnés à dix ans de prison en France…

B.C.

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Une image d'archives datant de 2014 de Daesh à Raqa en Syrie
Une image d'archives datant de 2014 de Daesh à Raqa en Syrie — Uncredited/AP/SIPA

Un matin de décembre 2013, Dominique Bons a appris pas SMS la mort de son fils, Nicolas, dans un attentat suicide dans la région de Homs. Ce jeune Toulousain de 30 ans était tué cinq mois après son jeune demi-frère, Jean-Daniel, 22 ans.

Convertis, ils étaient partis tous les deux combattre le régime de Bachar al-Assad au sein des rangs de Daesh. Dans une vidéo, ils avaient tous les deux demandé à François Hollande de retirer les troupes françaises du Mali et l’avaient invité à se convertir à l’islam.

Depuis l’annonce de leurs décès, cette mère de famille a créé l'association «Syrien ne bouge, agissons» contre l’embrigadement des jeunes. Et c’est dans le cadre de ses fonctions de présidente qu’elle s’est retrouvée le mois dernier au procès de son propre fils révèle La Dépêche du Midi.

Venue épauler une mère de famille dont le fils était accusé de faire des jeunes en Turquie et en Syrie, Dominique Bons s’est rendu compte qu’elle assistait en même temps au procès de Nicolas et Jean-Daniel. Elle avait été informée par huissier quelque temps avant du renvoi de son fils devant la justice dans le cadre d’une assignation à comparaître.

Condamnations par défaut

Même si Dominique Bons a indiqué à l’huissier que son enfant était décédé, le procès s’est tenu. Jean-Daniel et Nicolas ont été condamnés par défaut à dix ans de prison pour « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme ».

Sans preuve de leurs morts et toujours sous le coup d’un mandat d’arrêt, la justice a en effet estimé qu’ils pouvaient être jugés par défaut.