Affaire Benalla: Le gouvernement s'explique devant le Parlement, les séances s'annoncent musclées

AFFAIRE BENALLA Edouard Philippe et ses ministres devront répondre aux questions ce mardi devant l’Assemblée, puis le Sénat...

20 Minutes avec AFP

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Edouard Philippe durant la séance hebdomadaire de questions au gouvernement, le 27 mars 2018.
Edouard Philippe durant la séance hebdomadaire de questions au gouvernement, le 27 mars 2018. — Witt/ Sipa/SIPA

« Ca va être chaud ! » anticipe le député de la France insoumise Eric Coquerel, prévenant : « Ca va être une audition qui ne dit pas son nom ». Emmanuel Macron restant résolument mutique dans l’affaire Benalla, Edouard Philippe et son gouvernement seront soumis mardi au nom de l’exécutif au feu roulant des questions des députés et sénateurs, après plusieurs jours de désordre, blocages et de premières auditions parlementaires lundi.

A 15h à l’Assemblée, puis 16h45 au Sénat, les ministres devront faire bloc afin de défendre l’Elysée, traversé par la première grande crise politique du quinquennat Macron après la diffusion de vidéos montrant Alexandre Benalla, un proche collaborateur du chef de l’Etat, en train de frapper et malmener deux manifestants le 1er mai. Ces explications de l’exécutif sont d’autant plus attendues qu’elles ont été ardemment réclamées par les oppositions.

Matignon se félicite d’un « début de retour à la normale »

« Après l’obstruction et la polémique, c’est désormais le temps où le gouvernement va répondre aux parlementaires », souligne-t-on à Matignon, où l’on se félicite d’un « début de retour à la normale » dans l’hémicycle, avec la reprise lundi après-midi des travaux, à savoir l’examen du projet de loi sur la formation professionnelle.

A l’image d’Emmanuel Macron, Edouard Philippe s’est montré jusque-là d’une remarquable réserve, malgré les coups de boutoir de droite et de gauche lui demandant de venir s’expliquer au plus vite dans l’hémicycle. Refusant la pression, le Premier ministre n’a pas souhaité donner d’autre cadre à ses réponses que ces traditionnelles séances de questions au gouvernement où il se rendra « l’esprit combatif », selon son entourage.

« On aurait fait le procès à l’exécutif d’interférer dans une affaire si on avait parlé », souligne le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, en estimant qu’Emmanuel Macron a « fait le choix des institutions ». « Il n’y aurait donc que des mauvais choix : on parle, on interfère ; on ne parle pas, on se cache », ajoute-t-il en appelant dorénavant à « mettre du rationnel dans un débat en proie à beaucoup de passions politiques et qui au fond fait un peu pschitt ».

La macronie réfute toute « affaire d’Etat »

Lundi, la macronie est montée crescendo au créneau pour réfuter à l’unisson toute « affaire d’Etat ». Une ligne qui sera de nouveau tracée mardi lors de l’habituel petit-déjeuner de la majorité à Matignon, auquel participent les patrons du groupe La République en Marche, Richard Ferrand, et MoDem, Marc Fesneau, ainsi que le secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement Christophe Castaner. Le Premier ministre pourrait ensuite se rendre à la réunion du groupe LREM (à partir de 11h) qui se tiendra à huis clos, sans les collaborateurs, avant une après-midi vigilance orageuse.

« Que les oppositions veuillent consacrer tout leur temps à une affaire qui n’en est pas une » mais est « une dérive individuelle », « c’est leur droit le plus strict », rétorque Benjamin Griveaux en assurant qu''il y a des sujets qui intéressent plus les Français ».

Au Sénat, « les sept premières questions seront réservées à l’affaire », a annoncé lundi le président du groupe socialiste Patrick Kanner. Cependant, « le Premier ministre n’a aucun pouvoir ni aucune véritable responsabilité dans cette affaire, qui relève exclusivement de l’Élysée », a de son côté critiqué Marine Le Pen.