Emmanuel Macron à l'Elysée, le 17 juillet 2018.
Emmanuel Macron à l'Elysée, le 17 juillet 2018. — GONZALO FUENTES / POOL / AFP

AFFAIRE BENALLA

Affaire Benalla: Macron dénonce des faits «inacceptables» et assure qu'il n'y aura «pas d'impunité»

Selon le chef de l’Etat, qui prendra la parole publiquement « quand il le jugera utile », « il n’y a pas eu et il n’y aura pas d’impunité », a rapporté son entourage...

Le chef de l’Etat est sorti de son silence, quatre jours après la révélation de l’affaire Benalla par Le MondeEmmanuel Macron a condamné dimanche soir des faits « inacceptables » lors d’une réunion de crise à l’Elysée, après les mises en examen de cinq hommes dont son ex-collaborateur Alexandre Benalla, à l’origine d’une crise politique qui paralyse jusqu’à l’Assemblée.

Selon le chef de l’Etat, qui prendra la parole publiquement « quand il le jugera utile », « il n’y a pas eu et il n’y aura pas d’impunité », a rapporté son entourage proche, à l’issue d’une réunion qui rassemblait le Premier ministre, le ministre de l’Intérieur, le porte-parole du gouvernement et le secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement.

Selon la même source, le président a demandé au secrétaire général de l’Elysée de « mener la réorganisation pour éviter qu’un tel dysfonctionnement se reproduise », alors qu’Alexandre Benalla, filmé en train de frapper ou malmener des manifestants le 1er mai, a d’abord été mis à pied en mai avant d’être licencié vendredi.

Emmanuel Macron aurait parlé au téléphone à Alexandre Benalla

Alexandre Benalla ainsi que l’employé de LREM Vincent Crase, filmé avec lui lors de la Fête du travail, ont été mis en examen notamment pour « violences en réunion ». Trois policiers, déjà suspendus pour avoir transmis des images de vidéosurveillance à Alexandre Benalla, ont également été mis en examen, notamment pour « violation du secret professionnel ». Tous les cinq ont été placés sous contrôle judiciaire, conformément aux réquisitions du parquet.

Alors que les révélations se succèdent dans ce dossier, notamment sur les avantages accordés à l’ex-collaborateur de 26 ans (d’un logement de fonction quai Branly à un badge pour accéder à l’hémicycle du Palais Bourbon), le chef de l’Etat, confronté à sa plus grave crise politique depuis le début du quinquennat, était jusqu’alors resté silencieux. D’après le Journal du Dimanche, Emmanuel Macron a parlé au téléphone à Alexandre Benalla depuis les révélations du Monde mercredi soir.

L’examen de la révision constitutionnelle suspendu jusqu’à nouvel ordre

 

Alors que le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, doit s’expliquer ce lundi à 10h devant la commission des Lois de l’Assemblée, qui s’est dotée des prérogatives d’enquête, la ministre de la Justice Nicole Belloubet a annoncé dimanche matin devant l’Assemblée la suspension jusqu’à nouvel ordre de l’examen de la révision constitutionnelle voulue par Emmanuel Macron, pour le « reprendre ultérieurement dans des conditions plus sereines », comme le réclamait l’opposition.

Le président de l’Assemblée François de Rugy (LREM) a assuré qu’il ferait « tout pour que la réforme constitutionnelle aboutisse », mais celle-ci, accusée d’affaiblir le Parlement, a du plomb dans l’aile. « Que le président soumette sa réforme constitutionnelle à référendum. C’est au peuple de décider de ses institutions », a plaidé Jean-Luc Mélenchon sur BFMTV.

L’examen de ce texte était bloqué depuis jeudi soir par une succession sans fin de « rappels au règlement » et suspensions de séance, autour de ce que le patron du groupe LR Christian Jacob appelle l'« affaire Macron-Benalla ». Dans une atmosphère tendue, l’opposition avait de nouveau réclamé dans la matinée la venue du Premier ministre dans l’hémicycle, ou « au moins » du secrétaire d’État aux Relations avec le Parlement.