Crèches: Jusqu'à 3.100 euros de «bonus» annuel par place pour favoriser l'accueil des enfants pauvres

PETITE ENFANCE Ce soutien financier, qui fait partie du Plan de lutte contre la pauvreté, a été annoncé ce jeudi par Agnès Buzyn...

G. N. avec AFP

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Un enfant joue dans une crèche (illustration).
Un enfant joue dans une crèche (illustration). — ROMAIN BEAUMONT/SIPA

Les crèches vont recevoir un financement « bonus » pouvant aller jusqu’à 3.100 euros par place et par an si elles s’ouvrent davantage à des enfants issus de familles pauvres, en vertu d’une convention signée jeudi par la ministre des Solidarités, Agnès Buzyn. Ce dispositif, qui « n’existait pas auparavant », vise à développer l’accueil en crèches de jeunes enfants issus de familles en situation de précarité, et contribuer à ce qu’ils ne soient pas « assignés » à rester dans la pauvreté, a expliqué la ministre.

La mesure fait partie du Plan de lutte contre la pauvreté, dont le gouvernement a retardé l'annonce à la rentrée. Elle figure dans la nouvelle convention d’objectifs et de gestion (COG) qu’Agnès Buzyn a signée mercredi à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) avec les représentants de la Caisse nationale d’allocations familiales (Cnaf). Ce document fixe les grands objectifs en matière de politique familiale pour 2018-2022 et les moyens pour y parvenir.

« Mieux s’adapter à l’école »

Cette signature avait été organisée en marge de la visite d’une crèche engagée dans cette démarche : la moitié de ses 40 places sont réservées à des bambins dont les parents sont en parcours d’insertion (recherche d’emploi ou formation). Accueillir en crèche ces enfants permet de leur « donner des chances très tôt » en leur permettant d’acquérir des « compétences psychosociales » pour ensuite « mieux s’adapter à l’école », a fait valoir la ministre. Cela joue également un rôle positif dans le « retour vers l’emploi » des parents, mieux à même de chercher un travail ou une formation lorsque leur enfant est gardé, a-t-elle ajouté.

Selon la convention signée jeudi, le Fonds national d’action sociale (Fnas), qui finance les crèches, les centres de loisirs ou les actions en faveur de la jeunesse et de la parentalité, doit permettre de créer 30.000 nouvelles places en crèches d’ici 2022. Plusieurs « bonus » incitatifs, éventuellement cumulables, seront proposés aux organismes gérant les crèches : 1.000 euros par an pour les nouvelles places créées dans des territoires comptant un fort taux de pauvreté, et jusqu’à 2.100 euros pour les crèches (qu’elles soient situées ou non dans un territoire pauvre) qui font une place à la mixité sociale.