VIDEO. Affaire Benalla: Le militant qui a tourné la vidéo et un témoin racontent

VIOLENCES Taha Bouhafs, le militant qui a tourné les images et Jérémie Ferrer-Bartomeu, chercheur en histoire à l'université de Nanterre, témoin de la scène, ont raconté dans la presse le violent passage à tabac d'un manifestant par Alexandre Benalla... 

M.F.

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Alexandre Benalla (à droite) assure ici la sécurité du président, au Salon de l'agriculture.
Alexandre Benalla (à droite) assure ici la sécurité du président, au Salon de l'agriculture. — Lionel BONAVENTURE / AFP
  • « Le Monde » a identifié, sur une vidéo Twitter, un collaborateur de Macron en train de frapper au sol un militant lors des manifestations du 1er mai.
  • Alexandre Benalla était casqué et se trouvait au milieu des CRS, comme s'il en faisait partie. 
  • Selon les témoignages de personnes sur place, Alexandre Benalla l'aurait étranglé et frappé par derrière. 

« Il l’étrangle et lui met plusieurs coups de poing par-derrière, c’est un tabassage en règle. » Un témoin et l’auteur de la vidéo, montrant un collaborateur d'Emmanuel Macron en train de tabasser un homme lors des manifestations du 1er mai, ont raconté plus en détail la scène à la presse. Taha Bouhafs, militant des quartiers populaires et ex-candidat aux législatives de La France insoumise, explique à Libération que les faits se sont déroulés en marge de la manifestation, alors que les militants faisaient le débriefing de la journée sur la place de la Contrescarpe à Paris.

« Il y avait plusieurs groupes d’étudiants assis sur la place, en train de discuter et de boire des bières. (…) C’étaient juste des jeunes en train de boire des bières et de parler tranquillement », assure le militant au quotidien.

« C’est hyper violent »

Une dizaine de CRS arrivent alors sur la place et la tension monte rapidement. Taha Bouhafs évoque des gazs lacrymo et des coups de matraques. « Deux jeunes personnes, une fille et un garçon, ont été très très violemment saisies par une personne casquée, qu’on avait identifiée comme un policier de la BAC en civil, alors que quelques secondes avant, ces deux jeunes ne manifestaient pas d’hostilité, ne criaient pas », poursuit sur FranceInfo, Jérémie Ferrer-Bartomeu, chercheur en histoire à l’université de Nanterre, présent au moment des faits.

C’est à ce moment-là que Taha Bouhafs sort son portable pour filmer le fameux homme casqué qui s’acharne sur un manifestant déjà au sol. « Il l’étrangle et lui met plusieurs coups de poing par-derrière, c’est un tabassage en règle. La victime a du mal à respirer, se touche le ventre. On crie tous plusieurs fois d’arrêter, c’est hyper violent », se rappelle le militant.

« Un amateurisme qui peut être dangereux »

« Ce que j’ai vu n’était pas normal, ce que j’ai vu était hors du commun, hors de la légalité, hors des techniques d’emploi de la police nationale, explique le professeur. Cet homme ne sait pas ce qu’il fait. Il étrangle. Un policier n’étrangle pas. Il va mettre au sol en faisant une clé de bras, va immobiliser par d’autres techniques. Là on a un amateurisme qui peut être dangereux (…). Les CRS eux-mêmes ont beaucoup de mal à comprendre ce que fait cet homme. »

L’homme n’a en effet rien d’un CRS ou d’un policier, puisqu’il s’agit d’Alexandre Benalla, adjoint au chef de cabinet d’Emmanuel Macron à l’Elysée. C’est Le Monde qui l’a identifié sur la vidéo que Taha Bouhafs a publiée sur Twitter. Le militant affirme également l’avoir « aperçu plusieurs fois durant la manifestation avec un brassard de police ».