Excédés par les ratés de Smovengo, des Parisiens envient les nouveaux Vélo’V déployés à Lyon

MOBILITE Le déploiement à Lyon de 4.000 nouveaux Vélo’V ne manque pas de faire réagir les usagers parisiens de Vélib’, excédés par le fiasco de Smovengo…

Elisa Frisullo

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Le 18 juillet, Vélo'V a changé intégralement sa flotte de vélos en libre service à Lyon, proposant 4.000 nouveaux modèles connectés.
Le 18 juillet, Vélo'V a changé intégralement sa flotte de vélos en libre service à Lyon, proposant 4.000 nouveaux modèles connectés. — Thierry Fournier / Métropole de Lyon.
  • JC Decaux a totalement renouvelé son parc de vélos en libre-service à Lyon, en déployant de nouveaux modèles connectés.
  • Un déploiement jalousé par des usagers parisiens confrontés depuis des mois à d’innombrables difficultés avec Vélib’, géré désormais par Smovengo.
  • Cette société a décroché le marché parisien l’an passé face à JC Decaux, qui exploitait Vélib’ jusqu’alors.

Connectés, plus légers, plus maniables et stylés. En une nuit, 4.000 nouveaux Vélo'V ont été déployés dans la métropole par JC Decaux. Une prouesse technique et un nouveau matériel accueillis avec joie à Lyon​ et suivis avec une grande à attention à Paris, où depuis des mois Smovengo accumule les ratés avec son service de bicyclettes en libre-service.

Mardi soir, lors du début de l’immense opération de maintenance, le président de la métropole lyonnaise, David Kimelfeld, s’est toutefois montré bon joueur. « L’idée n’est pas de se comparer à Paris », a-t-il assuré.

Les usagers de Vélib’ excédés

Mais sur les réseaux sociaux, pourtant, les internautes sont loin d’être aussi fair-play. Et c’est bel et bien une compétition entre Lyon et Paris qui se joue sur la toile. Un match sans trop de suspense pourtant puisque - une fois n’est pas coutume - des Parisiens vantent, voire jalousent, le service Vélo’V exploité depuis 2005 par JC Decaux, reconduit jusqu’en 2032 entre Rhône et Saône. Un véritable pied de nez pour l’afficheur qui a perdu le contrat Vélib’à Paris après s’être fait doubler par le consortium Smovengo.

Depuis l’arrivée des nouvelles bicyclettes rouges à Lyon mardi soir, les usagers du Vélib’ ne cachent pas leur amertume face aux multiples couacs de Vélib’. « Le fameux modèle lyonnais. Et pendant ce temps-là, les Parisiens cherchent toujours un vélo », ironise ainsi un internaute tandis que d’autres égratignent la maire de Paris Anne Hidalgo. « SVP, arrêtez la mascarade de Vélib’, prenez exemple sur Lyon ! », tance par exemple un usager parisien sur Twitter.

 

Six mois de fiasco pour Smovengo

Depuis qu’elle a pris la suite de JC Decaux au 1er janvier, l’aventure parisienne de la société Smovengo a viré au fiasco. Bugs, retards à répétition, grève des salariés… Six mois plus tard, les stations de vélos de la capitale sont toujours désertées.

Dans son plan de relance présenté récemment aux élus parisiens, l’entreprise, qui a entamé les travaux de déploiement et d’électrification des stations, prévoit 30 000 trajets quotidiens et 10 000 vélos, dont une partie à assistance électrique, pour la rentrée de septembre.

D’ici là, que les Parisiens se rassurent. Même si le comparatif Vélib’ versus Vélo’V semble pour l’heure plié d’avance, ces dernières heures, les vélos nouvelle génération essuient tout de même quelques critiques. Certains usagers soulignent plus de « difficulté à pédaler » tandis que d’autres rappellent que la mise ne place des services connectés s’accompagne d’une hausse notable des tarifs.

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