Hautes-Alpes: Quatre militants en garde à vue pour avoir facilité l'entrée de migrants

MIGRANTS Les quatre personnes sont entendues à la gendarmerie de Briançon pour avoir aidé des migrants à rentrer sur le territoire…

20 Minutes avec AFP

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Des migrants secourus par les sauveteurs en mer.
Des migrants secourus par les sauveteurs en mer. — Jesus Merida / SOPA Image/SIPA
  • Quatre personnes ont été placées en garde à vue à Briançon, pour avoir aidé une vingtaine de migrants à franchir la frontière Franco-italienne.
  • Cette action venait en réponse à l’occupation de la frontière par les militants d’extrême droite de Génération identitaire.

Depuis ce mardi matin, quatre personnes ont été placées en garde à vue à la gendarmerie de Briançon, dans les Hautes-Alpes, dans le cadre de l’enquête sur la marche du 22 avril qui avait permis l’entrée en France d’une vingtaine de migrants, a constaté un correspondant de l’AFP.

Selon le collectif « Tous Migrants » qui vient en aide aux réfugiés dans la région, quatre militants - une femme et trois hommes de 20 à 50 ans - dont deux membres de son conseil d’administration, sont entendus sous le régime de la garde à vue pour « aide à l’entrée irrégulière » d’étrangers « en bande organisée ». Une centaine de sympathisants se sont rassemblés pour les soutenir.

« On a juste aidé des personnes »

« J’ai la conscience tranquille, je n’ai rien à me reprocher, on a juste aidé des personnes, le principe de fraternité n’a pas de frontières », a déclaré Benoit, 48 ans, un des militants convoqués, avant d’entrer dans la gendarmerie. Pour Me Yassine Djermoune, un avocat des mis en cause, les militants y voient « une tentative d’intimidation ».

Le 22 avril, près de 150 militants antifascistes avaient franchi la frontière franco-italienne par les pistes de ski du col de Montgenèvre avec une vingtaine de migrants africains. Pour le collectif, cette manifestation « pacifique » répondait « spontanément » aux « provocations haineuses et dangereuses d’un groupuscule suprémaciste ayant bloqué depuis la veille le col de l’Échelle ».

Réponse à Génération identitaire

Le 21 avril, une centaine de militants d’extrême droite de Génération identitaire, agissant sous la bannière du mouvement « Defend Europe », avaient bloqué ce col frontalier voisin pour marquer leur hostilité à l’entrée de migrants. Ils avaient mené des « patrouilles » dans les vallées de la région, agissements qui font l’objet d’enquêtes diligentées par le parquet de Gap mais aucune poursuite n’a encore été engagée.

« Je regrette que ce ne soit pas les mêmes mesures pour Génération identitaire », a dit une autre avocate des militants pro migrants placés en garde à vue, Me Cécile Faure-Brac.

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