Amazon: Grève pour le «Prime Day» contre la pénibilité des conditions de travail

SOCIAL Un syndicat allemand a annoncé lundi des actions de blocage au niveau européen...

M.C. avec AFP

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Des employés d'Amazon à San Fernando de Henares, près de Madrid, en 2016.
Des employés d'Amazon à San Fernando de Henares, près de Madrid, en 2016. — GERARD JULIEN / AFP

Accumulation des kilomètres, « tâches répétitives », « station debout prolongée »… Un syndicat allemand a annoncé lundi des actions de blocage au niveau européen chez Amazon, à l’occasion de l’opération de super-promotions « Prime Day », afin de protester contre la pénibilité des conditions de travail.

« Jusqu’à minuit les prix vont baisser et les profits vont grimper, les employés d’Amazon quitteront leur poste et manifesteront pour l’obtention d’une convention collective protégeant leur santé », a déclaré le principal syndicat du secteur tertiaire, Verdi, sans préciser le nombre d’employés mobilisés. Le syndicat évoque les maux physiques qui frappent les employés des sites où transitent jour et nuit les centaines de milliers de colis commandés en ligne.

Des actions prévues aussi en Espagne et en Pologne

Le « Prime Day », pour les abonnés premium, a lieu de lundi minuit à mardi minuit. Des arrêts de travail et des actions de sensibilisation sont aussi prévus en Espagne et en Pologne, ajoute le syndicat allemand.

Les salariés du plus grand centre logistique d’Amazon en Espagne ont ainsi entamé lundi une nouvelle grève de trois jours pour réclamer une hausse de salaire supérieure à ce que propose le géant américain, a-t-on appris à Madrid auprès du syndicat espagnol Commissions ouvrières. Les salariés d’Amazon avaient déjà lancé un mouvement similaire en novembre à l’occasion du « Black Friday ».

Grève d'« environ 80 % » du personnel d’un centre près de Madrid

Selon Ana Berceruelo, représentante des CCOO, qui se revendique premier syndicat au sein de l’entreprise au niveau national, 1.200 salariés ont participé au mouvement, soit « environ 80 % » du personnel du centre de San Fernando de Henares, près de Madrid. « Les réunions organisées la semaine dernière (…) n’ont pas été fructueuses et n’ont pas permis de lever l’appel à la grève prévu pour les 16,17 et 18 juillet », a indiqué le syndicat CCOO dans un communiqué.

« Les propositions de l’entreprise ne répondent à aucune des revendications des organisations syndicales, prévoyant par exemple une hausse de salaire de 1,1 % qui ne permet pas de récupérer l’inflation qui s’est élevée à 2,3 % », ont poursuivi les Commissions Ouvrières.

Dans un communiqué transmis à l’AFP, Amazon affirme que « la rémunération totale des travailleurs de San Fernando de Henares se situe dans la fourchette haute du secteur logistique ». Le groupe assure prévoir une hausse de 2,5 % du salaire brut annuel des nouveaux employés, et 5,6 % pour ceux ayant une ancienneté supérieure à quatre ans. Les salariés du centre de San Fernando de Henares avaient déjà fait grève en mars pour les mêmes raisons, pour la première fois depuis l’ouverture du site en 2012.

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