Nantes: La maire Johanna Rolland refuse d'évacuer un camp de migrants

CAMPEMENT Installé depuis un mois dans un square public, le campement grossit de jour en jour dans une situation sanitaire « préoccupante »…

H. B. avec AFP

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Johanna Rolland (PS) est maire de Nantes depuis mars 2014.
Johanna Rolland (PS) est maire de Nantes depuis mars 2014. — S.Salom-Gomis/Sipa

Elle refuse de se plier aux injonctions de l’Etat. La maire PS de Nantes, Johanna Rolland, a annoncé samedi son refus de demander l’évacuation du square Daviais, où un campement de plus de 170 migrants est installé depuis un mois au cœur de la ville, a-t-elle indiqué dans un communiqué.

« La ville de Nantes refuse de demander l’évacuation du square Daviais malgré la mise en demeure qu’elle a reçue hier de la préfecture », affirme le communiqué, précisant que la ville va « financer et co-organiser avec la Croix Rouge et les associations locales une aide alimentaire à compter de lundi », face à une situation qui « empire de jour en jour ».

« Des décisions seront prises la semaine prochaine », indique la préfecture

Installé depuis un mois dans un square public, le campement grossit de jour en jour dans une situation sanitaire « préoccupante » pour des associations et la ville, qui en appellent à l’État. Interrogée sur le refus de la mairie de se plier aux injonctions de l’Etat, la préfecture de Loire-Atlantique a indiqué qu’elle « continuait à étudier le dossier » et que des « décisions seront prises la semaine prochaine ».

La préfecture prévoit de créer une sorte de « sas » ou un guichet pour étudier les demandes d’asile et tente de mobiliser des places d’hébergement d’urgence. Pour l’instant, seule une quarantaine est disponible dans toute la région.

Entre 200 et 400 personnes vivent dans ce campement, selon les associations

Le campement du square Daviais, qui ne comptait qu’une poignée de tentes il y a un mois, s’est agrandi après les évacuations successives de deux bâtiments privés squattés, et au gré d’arrivées depuis l’Italie ou l’Espagne de migrants, essentiellement soudanais et érythréens. Selon la ville, plus de 170 personnes y vivent, mais elles seraient entre 200 et 400 selon les collectifs qui leur viennent en aide.

Le département de Loire-Atlantique, et Nantes en particulier, sont confrontés à « une évolution significative des flux depuis fin février », selon les autorités. Les demandes d’asile ont ainsi augmenté de 28 % en un an, là où d’autres grandes villes ont enregistré des baisses.