Un avion a disparu momentanément des radars... à cause d'une mise à jour informatique

AVIATION L’incident s’est déroulé fin juin, au-dessus de l’ouest de la France…

20 Minutes avec AFP

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Illustration d'une tour de contrôle du trafic aérien
Illustration d'une tour de contrôle du trafic aérien — Eric Piermont afp.com

L’incident aurait pu virer au drame. Un avion a disparu des radars pendant plusieurs minutes fin juin, au-dessus de l’ouest de la France, a-t-on appris ce vendredi auprès d’un syndicat de contrôleurs aériens, qui a qualifié l’événement de « grave ».

L’alerte est venue de l’équipage d’un autre avion, canadien, « qui nous a dit qu’il venait de croiser, à deux nautiques (un peu moins de quatre kilomètres), un aéronef, et qu’il ne trouvait pas ça normal », a déclaré Stéphane Lesage, secrétaire de la section locale du syndicat Unsa-ICNA (3e représentatif chez les contrôleurs).

« Nous sommes passés proche d’une collision en vol »

« Cela peut paraître beaucoup, quatre kilomètres », mais « quand on vole à plus de 800 km/h, c’est quelques secondes » seulement, a-t-il expliqué, qualifiant cet événement de « vraiment grave ». « Nous sommes passés proche d’une collision en vol », écrit le syndicat dans un communiqué.

Dans la nuit du 25 au 26 juin, une mise à jour du système de traitement des plans de vol (appelé STIP) a entraîné « certains dysfonctionnements », a pour sa part indiqué  la Direction générale de l’aviation civile (DGAC). Il a alors été décidé de revenir à la version antérieure.

« Cet incident a généré une diminution de l’espacement réglementaire entre deux avions »

Mais « une succession d’événements dont certains consécutifs au problème technique STIP » a conduit, dans la journée du 26 juin, « à un défaut de visualisation d’un vol traversant les espaces contrôlés par le centre » de contrôle de Brest, et ce pendant « une dizaine de minutes », selon la DGAC.

« Cet incident a généré une diminution de l’espacement réglementaire entre deux avions, alors séparés de cinq kilomètres », soit « 60 % de la norme habituelle qui est de neuf kilomètres », détaille-t-elle. Le système d’alerte embarqué (TCAS) « a parfaitement fonctionné » et « suite à l’alerte reportée, le contrôleur aérien a forcé sa visualisation sur l’écran radar », ajoute-t-elle.

Il s’agit « d’un événement significatif mais qui ne représente pas de risque majeur pour la sécurité aérienne, au regard de l’espacement maintenu », a affirmé la DGAC, précisant qu’un « retour d’expérience en cours » devra permettre d’apporter « les mesures correctives indispensables ».