Autoroute A45 Lyon-Saint-Etienne: La ministre des Transports assure que «toutes les solutions sont étudiées»

TRANSPORTS Le projet semble néamoins enterré...

C.G. avec AFP

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Projet autoroute A45 Saint-Etienne-Lyon
Projet autoroute A45 Saint-Etienne-Lyon — Google map
  • Elisabeth Borne, la ministre des Transports a assuré ce vendredi que toutes les solutions étaient étudiées concernant l’amélioration de la desserte entre Lyon et Saint-Etienne.
  • Le projet de la future autoroute A45 ne semble pourtant pas faire partie des priorités du gouvernement.
  • Ce manque d’intérêt inquiète les élus plaidant pour la réalisation de l’infrastructure à la place de l’actuelle A 47.

La ministre des Transports Elisabeth Borne a assuré vendredi que « toutes les solutions sont étudiées » pour améliorer la liaison routière entre Lyon et Saint-Etienne, sans toutefois laisser entrevoir d’issue positive au projet de future autoroute A45 entre ces deux villes.

« Sur l’A45, si le projet était simple et consensuel, si l’Etat avait des moyens illimités, le débat ne se poserait pas (…) Je peux vous assurer que je partage l’objectif d’améliorer le quotidien des usagers de la liaison Saint-Etienne-Lyon. Toutes les solutions sont étudiées », a déclaré Elisabeth Borne, venue inaugurer le contournement routier du Puy-en-Velay en Haute-Loire.

« Je préfère la dentelle fine de la desserte des territoires »

« A la grosse maille des grands projets, je préfère la dentelle fine de la desserte des territoires », a poursuivi la ministre devant les élus locaux.

Cet hiver, le Conseil d’orientation des infrastructures (COI), chargé d’établir dans un rapport des priorités dans les choix d’investissement dans les transports, a recommandé, concernant l’A45, d’attendre les conclusions d’un grand débat sur les transports dans la région lyonnaise en 2019, et d'étudier ensuite une alternative «acceptable par tous».

« Le besoin est là »

« On aura à faire des choix (…) Ma priorité, ce sera de traiter les problèmes d’enclavement, ce qui ne se fait pas avec des projets gigantesques, des grandes lignes à grande vitesse, des autoroutes forcément », a également fait valoir Elisabeth Borne devant la presse.

« Le besoin est là, prenons le temps de regarder quelles sont les bonnes réponses, les réponses les plus efficaces, respectueuses de l’environnement, rapides, qu’on peut apporter », a-t-elle argué.

Le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes Stéphane Bouillon a présenté début juillet des alternatives à la construction de l’A45, mais sans la présence des présidents LR d’Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez, du département de la Loire Georges Ziegler, et de la métropole stéphanoise Gaël Perdriau, qui avaient boycotté la réunion.

L’inquiétude des élus

« On est très inquiet. Sur l’A45, on a clairement compris qu’elle était en train d’enterrer le projet. On a affaire à un gouvernement qui n’a pas compris ce qu’était l’enjeu des territoires, qui est dans une politique très parisienne. Dans les territoires comme les nôtres, ce qu’on attend d’eux, ce n’est pas de nous mettre des panneaux de limitation à 80 km, c’est de mettre l’argent qui permet le désenclavement et la sécurisation des routes », a réagi vendredi Laurent Wauquiez.

Déclarée d’utilité publique en 2008, l’A45, longue d’une cinquantaine de kilomètres, vise à doubler à l’horizon 2022 l’actuelle A47, un axe gratuit, souvent saturé et réputé dangereux. Son chantier est évalué à 1,2 milliard d’euros, financé pour un tiers par le groupe Vinci, le reste par les collectivités locales et l’Etat. Le contrat de concession est prêt mais le décret n’a pas été signé par le gouvernement.

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