Le gouvernement présente 32 nouvelles mesures pour lutter contre le terrorisme

SECURITE Ce plan complétera le dispositif de prévention de la radicalisation présenté le 23 février à Lille...

20 Minutes avec AFP

— 

Edouard Philippe, le 13 juillet 2018 au siège de la DGSI.
Edouard Philippe, le 13 juillet 2018 au siège de la DGSI. — GERARD JULIEN / AFP

Prisons, gestion des détenus « sortants », cellule de profilage… Edouard Philippe doit annoncer ce vendredi un nouveau plan d’action contre le terrorisme, au siège de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI)

Le Premier ministre doit passer une partie de la matinée dans les locaux de la DGSI. En visite dans ce service phare de la lutte antiterroriste sur le territoire national, Edouard Philippe sera accompagné du ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, de la ministre de la Justice Nicole Belloubet, du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et de la ministre aux Armées Florence Parly.

Ce plan, composé de 32 mesures, complétera le dispositif de prévention de la radicalisation présenté le 23 février à Lille. Centré sur les prisons, il balayait un large spectre avec notamment des mesures ciblant l’éducation, les services publics et Internet.

Gérer la sortie de prison des terroristes

Le nouveau plan antiterroriste de Matignon se déploiera sur fond d’évolution de la menace terroriste, devenue endogène, et d’inquiétudes autour des « sortants », les détenus condamnés pour des faits de terrorisme ou radicalisés en prison et qui doivent sortir de détention. Une source élyséenne avait estimé en mai que, d’ici à fin 2019, 10 % des condamnés pour terrorisme et près d’un tiers des détenus de droit commun radicalisés sortiraient de détention, soit environ 450 personnes.

Le Premier ministre doit annoncer qu’une unité de suivi des « sortants » sera constituée au sein de l’Unité de coordination de la lutte antiterroriste (Ucalt), rattachée à la Direction générale de la police nationale (DGPN). Également au menu : la création d’une cellule de profilage des auteurs d’attentats et d’identification des facteurs de passage à l’acte.

Enfin, le chef du gouvernement doit consacrer la DGSI dans son rôle de « pilotage » de la lutte antiterroriste : elle assurera désormais la « coordination opérationnelle » du renseignement, des investigations judiciaires mais aussi des stratégies de coopération nationale et internationale en matière antiterroriste.

De réelles insuffisances, pour le Sénat

Dans un rapport rendu public mardi, une commission d’enquête du Sénat a reconnu que les pouvoirs publics avaient renforcé la politique de lutte contre la menace terroriste. L’institution s’est toutefois inquiétée « de réelles insuffisances ». Parmi les préconisations : une lutte plus résolue contre le « radicalisme musulman » et le salafisme, considéré comme un « danger », ou encore l’accès des maires au Fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), qui contient environ 20.000 noms.

Mais cette dernière proposition, envisagée par Emmanuel Macron dans un discours prononcé fin mai, avait fait grincer des dents dans les services et même suscité l’opposition de la garde des Sceaux.

La France a été frappée en 2018 à deux reprises par des attaques terroristes revendiquées par Daesh, coûtant la vie à cinq personnes, le 23 mars à Carcassonne et Trèbes puis le 12 mai à Paris.

>> A lire aussi : La délicate gestion de la sortie des détenus condamnés pour terrorisme

>> A lire aussi : L’inquiétant profil de Marine P., la petite-amie du terroriste