Bals, défilé militaire du 14-Juillet et finale de la Coupe du monde... Le casse-tête sécuritaire à Paris

POLICE Dans la capitale et en petite couronne, quelque 12.000 membres des forces de l’ordre sont mobilisés pour assurer la sécurité tout au long du week-end…

Caroline Politi

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La fan zone du Champ de Mars à Paris lors de l'Euro 2016.
La fan zone du Champ de Mars à Paris lors de l'Euro 2016. — GEOFFROY VAN DER HASSELT AFP
  • Des périmètres de sécurité seront mis en place pour assurer la sécurité lors des grands événements.
  • Pour la finale, la circulation sera totalement interdite tout autour des Champs-Elysées.
  • La BRI se tiendra prête à intervenir en cas de menace majeure.

Week-end de fête(s) pour les uns, casse-tête sécuritaire pour les autres. Bals populaires, défilé militaire du 14-Juillet, concert au Champ-de-Mars et finale de la Coupe du monde… Les fêtards (endurants) s’apprêtent à passer trois jours sous adrénaline. Mais pour les autorités, la simultanéité de ces événements nécessite le déploiement d’un dispositif hors-norme. Tout au long du week-end, 12.000 membres des forces de l’ordre et 3.000 personnels de secours sont mobilisés à Paris et dans la petite couronne. La brigade de recherche et d’intervention, la BRI, se tiendra également prête à intervenir à tout moment. S’ajoutent à ce dispositif près de 1.600 soldats de l’opération Sentinelle en Ile-de-France.

L’objectif est double : empêcher une attaque terroriste dans un contexte où la menace reste particulièrement élevée et prévenir des violences urbaines. « Il faut que la fête puisse s’exprimer mais en toute sécurité », résume le préfet de police de Paris, Michel Delpuech. Avant même la tenue des festivités, les poubelles, engins de chantier ou tout autre objet sur la voie publique pouvant servir de projectiles ou de combustibles seront retirés. De même, des arrêtés préfectoraux limitant le transport de carburant, d’alcool ou de feux d’artifice pendant le week-end ont été émis.

Les festivités du 14 juillet

Une zone de protection – une disposition de la loi renforçant la sécurité intérieure adoptée en octobre 2017 – sera testée pour le défilé militaire. Elle permet de contrôler et de réglementer l’accès du public en organisant des palpations de sécurité ou des fouilles de sac. Des vérifications d’identité sont également possibles. Le même dispositif sera renouvelé le soir sur le Champ-de-Mars pour le concert et le feu d’artifice. Le matin comme le soir, les zones de festivités seront interdites à la circulation sur un large périmètre. Certains parkings souterrains à proximité immédiate seront également vidés.

Un dispositif inédit pour la finale

Pour la finale, 90.000 personnes sont attendues sur le Champ-de-Mars pour regarder le match sur les écrans géants. « Par mesure de sécurité, nous arrêterons d’admettre du public dès que la jauge sera atteinte », insiste le préfet. Pour être sûr d’avoir une place mieux vaut donc venir dès l’ouverture, à 13 heures. Une nouvelle fois, un périmètre de protection sera mis en place. Les spectateurs feront d’abord l’objet d’un pré-contrôle par les forces de l’ordre puis d’un contrôle par des agents privés, notamment pour vérifier qu’ils ne transportent aucun objet dangereux ou pouvant servir de projectiles.

La circulation – y compris des bus et de deux-roues – sera interdite tout autour de la fan zone. Et si les Bleus gagnent (oui, on est prudent, mais la plaie de l’Euro 2016 est encore à vif…), cette interdiction sera étendue à un périmètre inédit allant des Tuileries à la Porte Maillot, englobant bien évidemment les Champs-Elysées. « Le risque majeur, c’est la cohabitation d’une foule joyeuse, festive mais également débridée avec des véhicules », estime Michel Delpuech. Évidemment, la crainte d’une attaque terroriste à la voiture-bélier est dans toutes les têtes. La finale est « la cible rêvée », reconnaît le préfet. Lors de l’Euro de 2016, plusieurs projets d’attentats avaient été déjoués. Quelques mois avant le début de la compétition, un véritable arsenal avait notamment été découvert à Argenteuil, dans le Val-d’Oise.

Mais les autorités redoutent également des accidents ou des actes dangereux à l’image des célébrations de la Coupe du monde de 1998. Deux voitures « folles » ont tenté de remonter les Champs-Elysées, l’une conduite par un homme en état d’ivresse, l’autre par une femme présentant des troubles psychiatriques. Le bilan de la nuit avait été très lourd : un mort et plus d’une centaine de blessés.

« Nous n’avons jamais mis en œuvre un dispositif d’une telle ampleur même s’il a été testé à plus petite échelle lors de la demi-finale », assure le préfet. Il faut dire que le dernier précédant de telles festivités remonte à un certain 12 juillet 1998. Et le contexte était bien différent.