Baccalauréat 2018: Après le suicide de leur fille, sa famille se bat pour qu’elle ait son diplôme à titre posthume

EDUCATION Les proches de l'adolescente, qui a mis fin à ses jours en mars, ont écrit au ministère de l'Education pour qu'elle obtienne son bac à titre posthume...

Caroline Politi

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Océane Alger s'est suicidée en mars, sa famille se bat pour qu'elle ait le bac à titre posthume.
Océane Alger s'est suicidée en mars, sa famille se bat pour qu'elle ait le bac à titre posthume. — Laurence Alger
  • Océane, très bonne élève de terminale, a mis fin à ses jours en mars dernier.
  • Ses proches ont écrit au ministère de l'Education pour qu'elle obtienne son bac à titre posthume. 

Vendredi, comme nombre d’adolescents de son âge, Océane Alger aurait dû fêter son bac. « Dans la famille, la question de savoir si elle l’aurait ne se posait pas, c’était une très bonne élève », assure sa sœur aînée, Laurence. Scolarisée en terminale STMG (sciences et technologies du management et de la gestion) à Bondoufle, dans l’Essonne, l’adolescente de 17 ans avait obtenu l’an dernier, lors des épreuves anticipées, des notes exceptionnelles. 20 à l’écrit de français et 17 à l’oral, ainsi que 15 en gestion. Le seul doute résidait donc dans la mention qui lui serait attribuée. Mais ce qui devait être une journée de festivités a ravivé pour ses proches le souvenir d’une tragédie récente.

En mars dernier, Océane s’est donnée à la mort en se jetant sous un train. « Je ne peux pas rester sous votre toit, au sein de la famille, avec tous les problèmes que je vous emmène. En soi, ce n’est pas ma faute, mais j’en assume les conséquences », écrivait-elle, dans une longue lettre, à ses parents. La « grosse bêtise » qu’évoque Océane quelques lignes plus bas ressemble, en réalité, plus à une méprise d’adolescente.

« Il me disait qu’au moindre problème, il me rembourserait »

Elle explique s’être fait avoir par son petit ami qui lui aurait demandé d’encaisser des chèques sur son compte, faute d’en avoir un lui-même. Pour qu’il puisse retirer l’argent qui lui appartient, elle lui confie sa carte bleue. Un mois après, elle est à découvert de 2.800 euros. « Il me disait qu’au moindre problème, il me rembourserait, mais je n’ai plus confiance en lui », écrit-elle. Deux jours avant son terrible geste, la jeune fille est convoquée dans son agence bancaire pour s’expliquer sur ce découvert. « Ces chèques vont me causer beaucoup de problèmes avec la banque, avec la police », se persuade-t-elle.

Une enquête préliminaire pour escroquerie a été ouverte par le parquet d’Evry. Mais depuis le mois de mai, la famille de la jeune fille est également mobilisée sur un autre combat : obtenir de l’Education nationale qu’Océane ait son bac à titre posthume. Un détail, aux yeux de beaucoup, mais une manière pour eux de rappeler l’adolescente déterminée, dynamique et travailleuse qu’elle était. « On sait bien que ça ne nous rendra pas ma petite sœur mais on voit dans cette démarche un ultime hommage et une manière de l'honorer et de la récompenser pour le travail qu’elle a fourni tout au long de sa scolarité », justifie sa sœur aînée.

Une demande pour l’heure restée sans réponse

La démarche de la famille d’Océane est appuyée par l’équipe pédagogique et le proviseur de son lycée. « Cette jeune fille lumineuse en pleine réussite scolaire aurait eu le bac très facilement, certainement avec une mention si ce funeste jeudi 8 mars elle ne s’était pas jetée sous un RER en gare d’Evry », assure ce dernier dans sa lettre de recommandation. Les proches de l'adolescente n'ont, pour l'heure, reçu aucune réponse.

Contacté, le ministère de l'Education n'était pas en mesure de s'exprimer dans l'immédiat sur le cas de cette famille. «L'attribution à titre posthume a déjà eu lieu dans des cas très précis, mais cela n'a rien de réglementaire», explique-t-on.