Terrorisme: Des «train marshalls», agents du GIGN en civil, déployés dans les trains cet été

SECURITE Des militaires du GIGN, l’unité d’élite de la gendarmerie, vont en toute discrétion voyager dans les trains circulant en France, prêts à intervenir en cas d’attaque terroriste...

Marion Pignot

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Des membres de l'unité d'élite, le GIGN, lors d'un exercice. (Illustration)
Des membres de l'unité d'élite, le GIGN, lors d'un exercice. (Illustration) — Michel Medina/AP/SIPA

Depuis ce jeudi, et alors que ce samedi marque les premiers grands départs de l’été, les gendarmes ont officiellement lancé leur programme « train marshalls » sur l’ensemble du réseau ferroviaire français. Expérimentée depuis plus de trois mois et quelque 160 missions tests, l’opération permet de déployer dans les wagons des membres des troupes d’élite du GIGN. Tous sont prêts à intervenir en cas d’attaque terroriste.

En civil, en binômes ou en trinômes, ces militaires sont appelés à sécuriser les trains en se mélangeant aux voyageurs en toute discrétion. « Ils voyageront tous les jours, dans les trains circulant sur l’ensemble du territoire, de façon aléatoire ou de façon plus ciblée en fonction de l’état de la menace. L’objectif est d’être efficace et de rassurer la population », affirme le colonel Ghislain Réty, chef du bureau de la défense et de la sécurité nationale au sein de la Direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN). Et d’ajouter que ces « train marshalls » sont aussi composés d’agents de la sureté ferroviaire de la SNCF.

« Les tirs doivent y être d’une réactivité et d’une précision immédiate »

L’opération qui a été expérimentée lors du dernier trimestre 2017 sur le réseau SNCF, s’inspire des « air marshalls », ces membres des forces de l’ordre circulant incognito dans les avions aux Etats-Unis ou en France. Mais, surtout, elle a été lancée après l’attaque avortée du Thalys 9364 reliant Amsterdam à Paris, le 21 août 2015. Depuis, les autorités ont pris en compte ce scénario catastrophe d’une tuerie commise à l’intérieur d’un TGV, sans que les forces de police ne puissent intervenir.

Armés de pistolets automatiques, de radios et de gilets pare-balles, ces « trains marshalls » ont été spécialement formés à cette mission (analyses du comportement, stages pour connaître l’univers des trains, etc.). « Nous avons étudié la configuration des wagons. Les tirs doivent y être d’une réactivité et d’une précision immédiate », précise le colonel Ghislain Réty.

Le nombre de ces spécialistes du « contre-terrorisme » ferroviaire reste confidentiel. Et si, selon Le Figaro, « ils n’interviendront pas sur les faits de petite et moyenne délinquance pour des raisons de couverture », l’idée est qu’ils puissent couvrir les 14.000 trains reliant quotidiennement les plus de 3.000 gares du réseau français, parmi lesquels 800 TGV. La France serait le seul pays à disposer de ces « train marshalls ».

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