VIDEO. Jeune homme tué à Nantes: Le policier mis en examen et placé sous contrôle judiciaire

JUSTICE Aboubakar Fofana, 22 ans, a été mortellement blessé par un tir, mardi à Nantes...

Marion Pignot

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Un jeune homme a été tué mardi soir au Breil à Nantes
Un jeune homme a été tué mardi soir au Breil à Nantes — S. Salom Gomis/ SIPA
  • Aboubakar Fofana, 22 ans, a été mortellement blessé par un tir lors d'un contrôle de police, mardi à Nantes.
  • Ce vendredi soir, le procureur de la République a exposé le déroulé des faits, sur le base de « premiers éléments objectifs ».
  • Le matin même, le policier a avoué avoir menti. Le CRS, en garde à vue depuis jeudi midi, a évoqué « un accident ». Il a été mis en examen peu avant 22 heures.

Trois jours après la mort d’Aboubakar Fofana, quartier du Breil à Nantes, le policier auteur du coup de feu mortel a mis en examen, ce vendredi soir, pour « pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».

La décision du juge d’instruction est conforme aux réquisitions du procureur de la République de Nantes, Pierre Sennès. Placé en garde à vue jeudi midi, le CRS a reconnu avoir menti lors de sa première audition libre mercredi. Il affirme désormais avoir tiré « par accident » sur le jeune homme de 22 ans, originaire de Garges-lès-Gonnesse (Val-d’Oise).

« Le coup de feu est parti accidentellement pour toucher mortellement le conducteur »

Selon le procureur, le policier a indiqué « qu’en réalité il avait tenté de se pencher dans l’habitacle du véhicule pour saisir le volant et essayer d’arrêter la manœuvre ». « C’est à ce moment-là, dans le cadre de ce qu’il appelle un corps-à-corps, que le coup de feu est parti accidentellement pour toucher mortellement le conducteur », a ajouté Pierre Sennès.

Initialement, le policier avait indiqué « avoir tiré en raison de la dangerosité du conducteur et pour protéger les personnes qui pouvaient se trouver à proximité sur la trajectoire du véhicule », selon M. Sennès.

Pour rappel, mardi, quartier du Breil, Aboubakar Fofana, 22 ans, était au volant d’une voiture. Il ne porte pas sa ceinture de sécurité et fait l’objet d’un contrôle de police. « Cela dure entre 10 et 15 minutes, a rapporté le procureur. M. Fofana va fournir une fausse identité. (…) Les policiers vont lui demander de garer sa voiture et de les suivre au commissariat central pour des vérifications. ».

Aboubakar Fofana a été touché au cou par le tir du policier

A ce moment-là, la victime aurait enclenché soudainement une marche arrière pour fuir. « Cette manœuvre va être particulièrement dangereuse puisque le conducteur va frôler un fonctionnaire de police, près d’un fourgon, qui avait à ses côtés deux enfants ». Ce policier se serait projeté sur le bas-côté et aurait empoigné une fillette « qui aurait pu être percutée par le fuyard ». Là, la voiture d’Aboubakar aurait heurté un véhicule stationné, ce qui occasionne un violent choc.

Le jeune homme aurait alors opéré une nouvelle marche arrière. Le procureur poursuit : « C’est à ce moment-là qu’un fonctionnaire de police qui a suivi la progression du véhicule va se placer à hauteur du passager, et faire usage de son arme. » Aboubakar Fofana, sous le coup d’un mandat d’arrêt pour « vol en bande organisée, recel et association de malfaiteurs », a été touché au cou par le tir du policier vers 20h30. Il est mort à l’hôpital deux heures plus tard.

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