Jeune tué à Nantes: Le procureur a précisé le déroulé des faits «en trois phases»

ENQUETE Le procureur de la République Pierre Sennès a donné des «éléments objectifs» quant au déroulé des faits...

Julie Urbach

— 

Un jeune homme a été tué au Breil à Nantes
Un jeune homme a été tué au Breil à Nantes — Michel Euler/AP/SIPA
  • Aboubakar Fofana, 22 ans, a été mortellement blessé par un tir, mardi à Nantes.
  • Ce vendredi soir, le procureur de la République a exposé le déroulé des faits, sur le base de « premiers éléments objectifs ».

Trois jours après la mort d’Aboubakar Fofana, quartier du Breil à Nantes, le policier auteur du coup de feu mortel pourrait être mis en examen ce vendredi soir. A l’occasion d’une conférence de presse, le procureur de la République Pierre Sennès a également livré les premiers éléments « objectifs » quant au déroulé des faits. Selon son récit, la scène s’est déroulée « en trois phases ».

Mardi soir, quartier du Breil, Aboubakar Fofana, 22 ans, est au volant d’une voiture. Il ne porte pas sa ceinture de sécurité et fait l’objet d’un contrôle de police. « Cela dure entre 10 et 15 minutes, rapporte le procureur. M. Fofana va fournir une fausse identité. (…) Les policiers vont lui demander de garer sa voiture et de les suivre au commissariat central pour des vérifications. »

Il aurait opéré deux marches arrières

A ce moment-là, la victime aurait enclenché soudainement une marche arrière pour fuir. « Cette manoeuvre va être particulièrement dangereuse puisque le conducteur va frôler un fonctionnaire de police, près d’un fourgon, qui avait à ses côtés deux enfants ». Ce policier se serait projeté sur le bas côté et aurait empoigné une fillette « qui aurait pu être percutée par le fuyard ». Là, la voiture d’Aboubakar aurait heurté un véhicule stationné, ce qui occasionne un violent choc.

Le jeune homme aurait alors opéré une nouvelle marche arrière. Le procureur poursuit : « C’est à ce moment-là qu’un fonctionnaire de police qui a suivi la progression du véhicule va se placer à hauteur du passager, et faire usage de son arme atteignant le conducteur au niveau de la gorge. » Le véhicule va finalement s’encastrer dans un muret, rue des Plantes. Le procureur précise que « les policiers ont appelé sans tarder les secours. »

Le policier se serait penché dans l’habitacle

Dans quelles conditions le CRS mis en cause, qui avance désormais la thèse accidentelle, a-t-il fait usage de son arme ? « Il a rapporté avoir tenté de se pencher dans l’habitacle pour saisir le volant et arrêter la manoeuvre, indique le procureur. S’en est suivi ce qu’il appelle un corps à corps pendant lequel le coup de feu est parti accidentellement. »

Le procureur, qui précise qu’il n’est pas de son rôle de commenter cette version, a aussi indiqué qu’une autopsie du corps d’Aboubakar avait été réalisée par trois médecins légistes. Celle-ci confirme qu’un seul coup de feu a été tiré. De nouvelles investigations vont avoir lieu, dans la recherche de films et de témoignages. Une expertise ballistique doit se dérouler sur le corps de la victime « pour chercher des résidus de poudre et déterminer la distance à laquelle se trouvait le tireur ».

>> A lire aussi : Vers une mise en examen du CRS auteur du coup de feu