Jeune tué à Nantes: Le policier à l'origine du tir évoque finalement «un accident»

ENQUETE Le coup de feu serait parti de façon accidentelle, selon le policier mis en cause...

J.U. avec AFP

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Des habitants déposent des fleurs sur les lieux du drame, quartier Breil-Malville à Nantes.
Des habitants déposent des fleurs sur les lieux du drame, quartier Breil-Malville à Nantes. — F.Brenon/20Minutes
  • Le CRS à l'origine du coup de feu, en garde à vue depuis jeudi midi, a reconnu avoir menti et avance désormais la thèse accidentelle.
  • Il doit être déféré dans l'après-midi, a indiqué son avocat.

Sa version a changé lors de son audition. Ce vendredi matin, le policier qui a blessé mortellement un jeune homme au Breil, lors d’un contrôle de police mardi soir à Nantes, a avoué avoir menti. Ce CRS, en garde à vue depuis jeudi midi dans le cadre de l’enquête menée par l’inspection générale de la police nationale (IGPN), a évoqué « un accident », selon son avocat. Selon plusieurs médias, le CRS mis en cause a raconté que le coup de feu était parti de façon involontaire, alors qu’il tentait d’empoigner le jeune conducteur par le bras et qu’il tenait son arme avec l’autre main.

«Il a reconnu avoir fait une déclaration qui n'était pas conforme à la vérité», a déclaré son avocat Laurent-Franck Lienard. «Nous sommes en attente de son défèrement. Normalement il doit être déféré dans l'après-midi». Interrogé par LCI, l'avocat poursuit: «Son premier réflexe a été de mentir mais il lui a fallu du temps pour se remettre, pour voir son avocat, (...). Aujourd'hui, il est plus serein sur l'acte qu'il a commis, qu'il regrette et qu'il regrettera toute sa vie.»

La légitime défense mise à mal

Depuis le drame, la police assurait qu’il s’agissait d’une situation de légitime défense, rapportant que le jeune homme avait été « neutralisé » alors qu’il tentait de prendre la fuite en voiture.

Selon une source proche du dossier, les cinq collègues du policier auteur du coup de feu, entendus le soir des faits, ont affirmé que le conducteur avait fait une marche arrière à «très vive allure», au point de risquer de renverser deux des quatre enfants qui jouaient sur la chaussée derrière la voiture. Toujours selon eux, l'un des policiers a juste eu le temps de pousser l'un des enfants, de prendre l'autre dans ses bras et de se mettre à l'abri devant le fourgon de CRS.

La version de la police contestée

« Le chauffeur a fait une marche arrière pour se soustraire au contrôle et a heurté un fonctionnaire CRS à hauteur du genou. Ce qui a entraîné immédiatement une réplique d’un de ses collègues qui était en sécurisation du contrôle et qui a utilisé son arme, blessant grièvement le chauffeur du véhicule », avait déclaré le directeur départemental de la sécurité publique, Jean-Christophe Bertrand, le soir des faits.

Cette version a rapidement été remise en cause par des habitants du quartier du Breil qui affirmaient avoir assisté à la scène. Aucun d’entre eux n’avait vu de policier derrière le véhicule.