Lyon: Avec le street-fishing, la pêche se modernise en ville

LOISIRS Depuis quelques années, le street-fishing attire de plus en plus de monde sur les bords du Rhône et de la Saône... 

Garance Ferrard

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Le street fishing, consistant à pêcher des poissons dans le Rhône ou la Saône en ville, se développe à Lyon.
Le street fishing, consistant à pêcher des poissons dans le Rhône ou la Saône en ville, se développe à Lyon. — Fishare-peche.fr
  • Le street-fishing est un style de pêche qui se pratique en milieu urbain.
  • Le « No Kill » est l’une des caractéristiques de cette pratique. Aussitôt péché, le poisson est relâché.
  • Le street-fishing attire aussi un public très jeune, entre 15 et 35 ans.

Avec l’été qui s’installe, ils sont nombreux à réinvestir les quais du Rhône et de la Saône. Pour se balader, boire à un verre entre amis sur une terrasse ou juste profiter un peu de la fraîcheur qu’offre le fleuve…

Parmi eux, certains sont venus armés de leurs cannes à pêche. Ils pratiquent le street-fishing ou pêche en milieu urbain. Cette pratique de plus en plus répandue est loin d’être un simple passe-temps. Le « street-fishing » est un style de pêche à part entière.

Florian, 26 ans, fait partie des nombreux adeptes de la discipline. L’une des caractéristiques : elle attire un public jeune, entre 15 et 35 ans. Le jeune homme pratiquait déjà la pêche de la truite. C’est en arrivant dans la ville de Lyon, qu’il a commencé à s’intéresser à ce phénomène. Et y consacre désormais un blog, Fishare

De l’île Barbe à Confluence

« C’est un milieu où il y a une grande diversité de poissons », explique-t-il. Dans les deux fleuves qui traversent la ville, on trouve principalement des carnassiers comme des perches, des sandres, des brochets, des silures et des chevesnes entre autres.

Oubliez l’ambiance calme et un peu froide de la pêche traditionnelle, avec le street-fishing tout est différent, selon le passionné. « Déjà, les poissons sont habitués à un certain bruit ambiant. Et puis, les gens viennent te poser des questions, il y a vraiment un aspect rencontre super-sympa », estime Florian.

« No Kill »

Autre caractéristique du street-fishing : le « no kill », qui consiste à relâcher le poisson juste après l’avoir péché. Une réglementation de la ville interdit même de consommer le poisson pêché dans le Rhône et la Saône.

Pour Florian, il y a aussi une volonté d’avoir le moins d’impact sur le poisson. « On pêche au leurre, ce sont des objets de différentes tailles, en plastique, en métal ou en bois, qu'on accroche au bout de notre ligne et qui peuvent provoquer par exemple des vibrations dans l'eau afin de jouer sur le côté territorial et opportuniste des carnassiers ou au contraire être plus discrets et imitatifs d'une proie pour déclencher leur instinct de prédateur. On a une totale conscience de l’impact et du stress qu’on a sur l’animal même si on essaie de le réduire au maximum en pêchant avec des hameçons les moins traumatisants possible et en le relâchant dans les meilleures conditions», ajoute-t-il.

Moderniser l’image de la pêche

En 2015, le pêcheur décide de lancer sa chaîne YouTube. « L’univers multimédia et celui de la pêche me plaisent, j’ai eu envie de rassembler les deux ». Le projet s'agrandit très vite avec maintenant plusieurs membres qui y participent activement, que ce soit sur le site internet ou les vidéos YouTube. « On a envie de la rendre plus ludique, plus attirante, de moderniser cette vision que beaucoup ont de la pêche selon nos valeurs qui sont la simplicité et le partage ».

Seul petit point négatif, il trouve que la pêche est un milieu encore trop masculin. «Il y a très peu de filles qui pratiquent, je le vois par exemple avec les statistiques démographiques de nos abonnés sur YouTube. La pêche moderne que l'on représente est aussi en faveur de cette ouverture féminine », conclut-il.

 

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