Toulouse: «Le sport contre la radicalisation»... Le livre qui tord le cou aux clichés sur les Izards

SOCIAL Frédéric Mercadal, éducateur et entraîneur de foot du club des Izards, met en avant les réussites du quartier et plaide pour les valeurs du sport contre l’intégrisme…

Julie Rimbert

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Un ballon de football. (Illustration).
Un ballon de football. (Illustration). — M.LIBERT/20 MINUTES
  • Cet éducateur sportif des Izards, qui a connu Mohamed Merah, veut, grâce à ce livre, montrer les exemples de réussite dans ce quartier souvent décrié.
  • Il pense que le sport permet de détecter les jeunes en voie de radicalisation et que les éducateurs sportifs ont un rôle de lanceurs d'alerte.

On peut réussir sa vie aux Izards, le quartier de Toulouse ! C’est en substance le message du livre Le sport contre la radicalisation, écrit par Frédéric Mercadal, qui veut porter les initiatives positives de ce quartier trop souvent pointé du doigt pour son trafic de drogue et ses problèmes sociaux.

Cet éducateur sportif, entraîneur du club de foot des Izards depuis de nombreuses années, dédicacera son ouvrage samedi, à partir de 15 heures, à la librairie Gibert Joseph.

Alors que la Coupe du monde de football bat son plein, l’éducateur toulousain veut montrer que « le sport est vecteur de valeurs dans les quartiers, qu’il y a un potentiel auprès de ces jeunes souvent mis de côté et stigmatisés ».

Exemples de réussites

« Aux Izards, il y a beaucoup d’orties mais derrière ces orties, il existe des coquelicots, assure Frédéric Mercadal. Notre quartier a été lié à l’affaire Merah alors que c’est un cas à part, un ado avec qui on a loupé le coche. Certes, les Izards, ce n’est pas le monde des Bisounours mais il y a aussi ici des gens qui réussissent. »

Frédéric Mercadal, éducateur et entraineur du club de foot des Izards, sort son livre
Frédéric Mercadal, éducateur et entraineur du club de foot des Izards, sort son livre - F.Mercadal

Si les problèmes du quartier ne sont pas passés sous silence, Frédéric Mercadal met surtout en avant les jeunes qui sont devenus policiers, ceux qui ont réussi à être instituteurs ou ceux qui sont sortis grâce au sport. Il veut que ce livre soit un outil pour les éducateurs sportifs afin de prévenir la radicalisation.

Des éducateurs lanceurs d’alerte

« Nous sommes les premiers lanceurs d’alerte quand un jeune se recroqueville sur lui-même, comme l’a fait Mohamed Merah en 2010, rappelle l’éducateur. Il a été exclu du club car il n’était plus en adéquation avec nos valeurs. Pourtant, à cette époque, il voulait rentrer dans le droit chemin, travailler mais il s’est senti exclu, comme trop de jeunes par les instances locales. »

Pointant parfois le manque de soutien des administrations pour le quartier, Frédéric Mercadal met en avant les initiatives des habitants du quartier pour un meilleur vivre ensemble. « Nous avons accueilli l’été dernier des étudiants juifs aux Izards ou emmené des jeunes du quartier au Musée Juif de Bruxelles, confie-t-il. Ce sont des actions concrètes, pleines de joie, qui valorisent les habitants. »