VIDEO. Boom du scoutisme: «Les enfants apprennent à se débrouiller loin des écrans et du confort»

VOUS TEMOIGNEZ Alors que le mouvent scoutisme dans son ensemble se porte à merveille, «20 Minutes» a interrogé ses lecteurs parents pour savoir pourquoi ils avaient inscrits leurs enfants chez les scouts...

Delphine Bancaud

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Une guide qui appartient au mouvement des Scouts et les Guides de France.
Une guide qui appartient au mouvement des Scouts et les Guides de France. — Olivier Ouadah/Scouts et les Guides de France
  • Les parents lecteurs de « 20 Minutes » sont unanimes pour dire que le scoutisme apprend à leurs enfants à vivre en groupe, à respecter la nature et à prendre des responsabilités.
  • Pour certains, inscrire son enfant à un mouvement scout relevait de l’évidence, notamment car ils ont été scouts ou guides eux-mêmes.
  • Pour d’autres, la démarche n’a pas coulé de source, mais une fois faite, leurs a priori sur le scoutisme se sont souvent envolés.

Scouts toujours. Tous les mouvements de scoutisme ont vu leur nombre d’adhérents progresser ces dernières années. Et cet été, 2.500 camps sont prévus à travers la France, selon la Fédération du Scoutisme Français*. Face à un tel boom du scoutisme, 20 Minutes  donne la parole à ses lecteurs parents pour savoir les raisons qui les ont poussés à inscrire leurs enfants aux scouts.

Pour Jean-Daniel et sa femme, la démarche a été naturelle : « Nous avons inscrit nos trois garçons aux Scouts et les Guides de France (SGDF), car nous reconnaissons la fonction éducative des mouvements scouts. Dans sa constante modernisation, les SGDF correspondent plus à nos valeurs familiales et ont permis de rendre nos enfants heureux et actifs dans notre société. La vie en groupe, les liens d’amitié, être proche de la nature sont des enseignements clés du scoutisme ».

« Je n’ai pas imposé d’enseignement religieux à mon fils, mais le scoutisme, ça, j’y tenais »

Une même évidence chez cette autre lectrice : « J’ai inscrit mes garçons pour qu’ils puissent vivre  l’aventure scoute : apprendre à vivre ensemble, simplement dans la nature, prendre très jeune des responsabilités (comme animer une veillée à 8 ans…) et avoir toujours le souci du plus petit, rendre service avec le sourire, partager et être généreux, comprendre et respecter de la nature. Les enfants sont enthousiastes, tout est transmis par le jeu, dans un imaginaire qui les transporte ! C’est un lieu de vie en dehors de l’école et de la maison, une petite communauté bienveillante et sans compétition, sans écrans, sans parents derrière leur dos », explique-t-elle.

Certains parents, à l’instar d’Isabelle, ont voulu faire profiter à leurs enfants de ce qu’ils avaient vécu dans leur jeunesse : « J’ai été scout puis chef scout. Le moment de ma promesse reste le souvenir le plus intense de mon enfance, j’avais 9 ans. Malgré une adolescence ensuite difficile suite au décès de mon père, le scoutisme a été pour moi cette main à laquelle on se raccroche. Mon fils a été scout, jusqu’à pionnier. Et même si chacun vit différemment son enfance, le scoutisme lui a apporté les valeurs qui nous sont communes : l’écoute, vivre en sachant que nous sommes tous uniques car tous différents. Je n’ai pas imposé d’enseignement religieux à mon fils, mais le scoutisme, ça, j’y tenais », explique-t-elle.

« J’ai d’abord refusé »

Pour Nadège et son compagnon, l’inscription de leur fils aux scouts n’a pas été une évidence, loin de là : « Attaché aux valeurs de la République, un mouvement de tradition catholique ce n’était pas franchement au programme de cette année ! », raconte-t-elle. Mais via une camarade, le petit garçon a fait une immersion chez les scouts. « Il est rentré ravi ! Heureux d’avoir été accueilli dans un groupe bienveillant ». Ce qui a forcé ses parents à changer de regard sur le scoutisme : « Devant l’enthousiasme de notre fils, j’ai épluché le site web du mouvement. J’y ai vu des références à toutes les religions et même aux différentes orientations sexuelles. J’ai regardé les vidéos sur YouTube. J’ai été rassurée et en parlant avec mes collègues de bureau, j’ai appris que l’une d’entre elles avait été scout. C’est une belle personne. J’ai définitivement mis de côté mes a priori ».

De son côté, Mimi, qui a répondu à notre appel à témoins, était même franchement hostile au scoutisme au début : « Au départ c’était une demande de notre fille. J’ai d’abord refusé. En me disant que c’était un mouvement très fermé. L’année suivante, j’ai inscrit notre fille sur sa demande. Ça fait sept ans qu’elle est chez les scouts unitaires de France. Elle y a découvert le partage, les chaînes téléphoniques, la débrouillardise, la randonnée, les jeux, l’entraide, aider les autres à grandir, grandir elle-même, lire une carte, s’organiser dans ses devoirs, dans ses sorties de week-end… Et j’en oublie », se réjouit-elle finalement.

« Le scoutisme donne l’esprit débrouillard »

Et plusieurs parents témoignent des changements qui se sont opérés chez leurs enfants grâce au scoutisme, à l’instar de Nadège : « Lors des camps, il faut participer et faire sa vaisselle, par exemple. C’est le meilleur apprentissage qu’on puisse offrir à un jeune garçon. Plus tard, peut-être que cette expérience lui permettra d’afficher la parité des tâches ménagères dans son futur foyer ? », espère-t-elle. Même enthousiasme chez Magali, dont la fille est engagée chez les guides depuis 6 ans : « Constance fut une enfant très réservée petite, elle s’est ouverte, épanouie et aujourd’hui, elle va facilement vers les autres et elle s’est construit son cercle d’amis. Le scoutisme donne l’esprit débrouillard, imaginatif, de partage et de solidarité », observe-t-elle.

Isabar, qui a choisi les Guides et scouts d’Europe, est dithyrambique aussi : « C’est une magnifique école de vie, une aide au respect de la personne et de la nature qui nous a été confiée. Les enfants apprennent à se débrouiller avec des moyens simples, loin des écrans et du confort. Ils apprennent à se responsabiliser vis-à-vis d’eux-mêmes et des autres. En devenant chef, ils apprennent le "management", sont formés ce qui est très apprécié en entreprise. Tout cela par le jeu et avec une vie spirituelle profonde ».

Et si les témoignages sont majoritairement positifs, celui de ce lecteur l’est moins, car il a finalement renoncé au scoutisme pour ses enfants : « L’esprit me plaisait, les valeurs prônées aussi. Mais le souci c’était le côté chronophage, avec les mercredis, samedis et dimanches pris ». On ne peut définitivement pas plaire à tout le monde.

* Chiffres de la Fédération du Scoutisme Français, qui rassemble les Scouts et Guides de France (catholiques), les Eclaireuses et Eclaireurs de France (laïques), les Éclaireuses et Eclaireurs unionistes (protestants), les Éclaireuses et Eclaireurs israélites (juifs), les Scouts musulmans et les Eclaireurs de la Nature (bouddhistes).

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